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le 6 juin 2013
SuivreLa double imposture
Un illustre inconnu, Hossain Sabzian, entre chez des particuliers en se faisant passer pour le cinéaste Mohsen Makhmalbaf (un des réalisateurs iraniens les plus connus). Il est arrêté et traduit...
Entre manipulation la plus vertigineuse et le réalisme le plus bouleversant, Kiarostami ne choisit pas : "Close Up" - son meilleur film à date - qui ose faire revivre à un incurable fan de cinéma son imposture, à savoir se faire passer pour le réalisateur Makhmalbaf - proclame une foi lucide et sensible dans le Cinéma. Formellement, il est extraordinaire de voir Kiarostami utiliser le "documentaire" non dans son habituel rôle de représentation d'une réalité sociale (ce que les Ayatollah le payent pour faire, d'ailleurs, tout en lui refusant le droit de montrer la vérité d'un pays muselé), mais comme générateur de fiction : en jouant de l'un des éléments de distanciation les plus forts, soit le film dans le film (il est écrit au tout début du film que les acteurs interprètent tous eux-mêmes leur propre personnage), Kiarostami nous confère le recul nécessaire pour que nous allions nous-même chercher la profonde réalité des êtres humains derrière le spectaculaire du fait-divers. [Critique écrite en 1993]
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Mes 10 films préférés de la décennie 1990-1999, Les meilleurs films mindfuck, Les meilleurs films iraniens et Les meilleurs films de 1990
Créée
le 14 oct. 2014
Critique lue 816 fois
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