Ce qu'il y a de bien avec KK, le réalisateur de Nuage (Cloud), c'est qu'il se moque d'à peu près tout. La seule chose importante, c'est le cinéma, en faire, se faire plaisir, faire plaisir. Cloud fascine. L'histoire d'un ouvrier qui revend des objets en ligne. Il commence par un gros coup, alors pourquoi ne pas en faire son activité ? Il plaque tout, quitte à se facher avec un associé, un patron, un ami... Il arnaque ceux à qui il achète, il arnaque ceux à qui il vend, peu importe, tout est virtuel - dans le cloud. Il quitte la grande ville, s'installe au milieu d'une forêt. Sa femme s'ennuie. Tout à coup on veut du mal à notre héros. Les commentaires en ligne sont mauvais. Un groupe de clients mécontents se forme. Les ennuis commence.
Au milieu du film, tout change, un autre commence, une chasse à l'homme, un film d'action. Le groupe de clients veut retrouver notre héros, pour le faire payer dans le réel, ce qu'ils ont perdu dans le monde virtuel. Ça le fait rire KK ces changements de direction, ça se sent, mettre des ordinateurs énormes alors qu'ils sont tous petits et portables aujourd'hui, créer de fausses pistes. Ça n'a pas d'importance, ce qui compte c'est décrypter, déchirer, se moquer du besoin de modernité, chez lui toujours morbide. Nos téléphones, les vidéos en ligne sont autant de preuves de notre vanité. Est-ce qu'il y a un espoir ? Pas vraiment, on peut survivre à tout, on peut échapper à la modernité, peut-être, mais à nos instincts vils et destructeurs, c'est moins sûr.