A la sortie de Cure et encore plus de Kaïro, Kiyoshi Kurosawa apparaissait comme un cinéaste à suivre. La reconnaissance critique était méritée, et tout logiquement, elle est venue. Mais depuis, il ne fait finalement que du surplace. Et Cloud apparait bien plat en comparaison de son âge d'or.
Sur la forme, le film n'est pas vraiment convaincant. Il ne s'y passe en définitive pas grand chose, en dépit de ses deux heures de temps. Les deux premiers tiers sont plus ou moins la redite des mêmes scènes : un héros, à la recherche des bons coups qui lui apporteraient une fortune chimérique, achète divers bidules qu'il revend sur un site d'e-commerce. Quant à la dernière partie, si elle fait le choix du théâtre de l'absurde, elle tire beaucoup trop en longueur.
S'il n'est pas dénué d'intérêt, le propos est un tantinet excessif. Contrairement à ce que le titre laisse penser, il n'est pas question ici de fuite de données, ou de respect de la vie privée. On y parle juste d'e-commerce... Et si ce n'est évidemment pas un humanisme, ce n'est pas non plus le chemin vers l'Apocalypse. Pour qui a un jour revendu un truc sur eBay, ça ne devrait pas être trop dur à piger. Mais pas pour Kiyoshi qui, à partir d'un truc d'une totale innocuité, tire un constat incroyablement alarmiste au vu des enjeux de son histoire.
Le thème comme la conclusion de Cloud ont des similitudes avec ce qu'il mettait déjà en scène dans Kaïro. Mais en abandonnant cette fois le cauchemar surréaliste, pour lui préférer une histoire toute simple et bien terre à terre, Kiyoshi Kurosawa rate sa cible en plus de se répéter.