Fort de leur succès en … 1999 (rien à voir avec Prince), les frères ou les soeurs, enfin les Wachowski se croient encore tout permis. Y compris de s'incruster dans un projet de Tom Tykwer. Projet ô combien ambitieux, un grand film choral à travers six époques différentes, mais avec toujours le même casting…
On suit donc six histoires différentes, à six époques différentes. Un récit d'aventures dans le pacifique au XIXème siècle, une histoire d'amour entre deux hommes au milieu des années trente, un thriller politique dans les années 70, une comédie noire en 2012, une nouvelle d'anticipation morbide dans un Séoul futuriste et un passage de SF/Aventure dans un futur fort fort lointain…le tout bien sûr lié.
Ce qui aurait pu faire la force et l'originalité d'un film pareil s'avère finalement être sa plus grosse faiblesse, puisque les W. et Tom Tykwer se vautrent littéralement dans leur récit global monté en parallèle. A aucun moment on ne prend le temps de s'attacher à un quelconque personnage, puisqu'à chaque fois qu'une intrigue donne à se questionner sur l'avenir du personnage, on passe à une autre intrigue. En plus d'être fatiguant, ça vous donne envie de regarder votre montre.
On passera sur les clichés éculés qui devraient passer pour des hommages, et obligent le spectateur à espérer d'éventuels twists tant les ficelles sont grosses et prévisibles, malheureusement, y'a pas de twist! On perd patience, tout en restant accroché dans l'espoir d'un final dantesque. On ne peut même pas apprécier les rares scènes d'action tant elles sont molles et filmées sans énergie. Certes on perçoit un certain humour, pas toujours volontaire (Tom Hanks qui parle le Cockney, pas forcément convainquant, mais drôle), et même on sourit, ce qui rend le film un peu moins pompeux.
On finit par rester jusqu'au bout, histoire de voir comment sera maquillé tel acteur pas encore aperçut dans telle intrigue, mais même les maquillages peinent à convaincre, ou ils sont très bons, ou ils sont très mauvais…un peu comme les acteurs, qui comme Tom Hanks donnent parfois le meilleur parfois le pire, dans un même film, c'est assez surprenant.
Le dernier quart d'heure s'avère être le plus difficile puisqu'on oscille entre l'attente de quelque chose de grand et les séquences qui tirent et tirent en longueur. Il faut dire aussi que malgré des fautes de gout, le film n'est pas d'une terrifiante immondice, mais on attend plus d'un film aussi ambitieux qu'une simple maitrise technique. Au final, oui un message noble:"aimez vous les uns les autres, nous sommes tous liés", grossièrement, mais j'ai envie de dire: "manquerait plus qu'il ait un message hardcore ce film de merde"
Cloud Atlas est un beau gâchis, à qui la faute, je ne sais pas, mais il confirme une chose, les fre…les soe…les Wachowski sont autant has been que Prince.