Par où commencer la critique de ce mastodonte qu’est le nouveau film des Wachowski ? Tâche plutôt délicate en effet, difficile de ne pas en dire trop, car malgré les défauts du film, il n’en demeure pas moins que c’est une “expérience” et qu’il serait dommage de la gâcher.

Commençons par le début. Ce film concept est tiré du livre “Cartographie des nuages” (non, ce n’est pas une blague) de David Mitchell, qui tient d’ailleurs un tout petit rôle dans le film. Il retrace six histoires, se passant à six époques différentes allant de 1849 à 2300. Les trois réalisateurs se sont partagé la tâche mais le six mains n’est pas un problème : les récits correspondant à des ambiances et à des univers très différents, chaque “film dans le film” a son identité propre. Le risque de ce genre de film à histoires multiples est qu’on est toujours plus pris par un récit que par un autre et on peut s’ennuyer lorsqu’on revient au récit numéro 4, si on préfère le récit numéro 2. La préférence s’est bien dégagée en ce qui me concerne mais force est de reconnaître que je ne me suis pas ennuyée, malgré les 2h45.
Le vrai tour de force de Cloud Atlas est de lier parfaitement ces “films” entre eux grâce à un montage impeccable. Les récits s’entremêlent en toute fluidité, ne perdent jamais le spectateur, et ce malgré l’absence évidente de lien entre les récits. Certes, on retrouve les mêmes acteurs dans chacun d’entre eux (accompagnés de leur petite tache de naissance cosmique) mais il n’y a pas de corrélation entre les différents personnages campés par un même acteur. Ce n’est pas forcément un défaut, mais enfin, un lien quelconque manque cruellement. En tout cas il m’a manqué. Le montage donne cette unité au film et pare à ce manque, empêchant ainsi de gâcher le plaisir au spectateur ; ce n’est qu’en sortant du film qu’on se dit “Mais au fait, quel est le rapport ?”, n’en déplaise aux réalisateurs.
Autre gros défaut du film – mais on connaissait déjà ce défaut aux Wachowki – c’est l’absence totale de subtilité de leur propos. Je pense que s’ils avaient pu nous faire un écran “Love is All”, en nous casant la grenouille du clip et tout, ils l’auraient fait. Ok ! On a COMPRIS ! L’amour c’est trop cool et en plus c’est super puissant parce que ça triomphe toujours…Waouh…C’était vraiment nécessaire de nous expliciter façon gros sabot ce discours on ne peut plus original à la fin du film, dans la bouche de Jim Sturgess, en plus de nous l’avoir martelé pendant tout le film ? La réponse à cette question va peut-être vous surprendre : non. Vraiment, mais vraiment pas.

Niveau casting ils s’en sortent tous très bien, Tom Hanks loin devant, qui s’amuse beaucoup notamment à jouer un écrivain pour le moins chatouilleux ; mais aussi Hugh Grant qui fait enfin un peu la démonstration de ses talents en jouant tour à tour un guerrier sanguinaire effrayant ou un pervers qui apprécie particulièrement les pieds (que j’ai souffert pendant ces 7 secondes !) ; Hugo Weaving génial en démon de la forêt ; Jim Broadbent dont les rôles sont moins surprenants mais toujours aussi juste, notamment dans l’histoire des petits vieux à la Ken Loach. Jim Sturgess joue très bien les énamourés…et les brutes écossaises ; Ben Wishaw les compositeurs romantiques…
Je dois bien admettre que finalement, ce sont les femmes qui ne m’ont pas emballée. J’ai été un peu déçue par Halle Berry. Elle n’est pas mauvaise, mais au final elle livre une prestation plutôt lisse. Quant à Doona Bae, c’est très personnel mais j’ai eu beaucoup de mal avec ce qu’elle dégageait, elle me dérangeait (et pas dans le bon sens du terme). Forcément, cela m’a gâché un peu l’histoire de la révolte.

Une chose est sûre, on n’en prend plein les mirettes. La photo est travaillée, s’adaptant à chaque récit et ambiance, les décors léchés, les maquillages…Disons que les maquillages qui sont censés transformer des caucasiens en asiatiques (et vice-versa) sont à parfaire mais l’effort est noté, le jury fait don de points pour avoir fait preuve d’imagination. Sinon, c’est très réussi. On finit par jouer à retrouver chaque acteur dans chaque histoire (réponse dans le générique).
En bref, pour moi ce film est à voir, même si ce n’est pas une réussite parfaite, rien que pour le plaisir visuel.
Holly_Golightly
5
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Créée

le 14 mars 2013

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