Cocorico est une comédie française réalisée par Julien Hervé et sortie en 2024. Alice et François décident de réunir leurs deux familles, issues de milieux sociaux très différents. Pour marquer l’occasion, ils leur offrent un cadeau original : des tests ADN censés révéler les origines de chacun. Mais la surprise tourne court lorsque les résultats viennent bouleverser toutes les certitudes familiales.
Je dois préciser que j’ai regardé ce film un peu par paresse : ma soirée devait être interrompue, il passait à la télévision, et je l’ai laissé tourner. Dès les premières minutes, Cocorico m’a fortement fait penser à Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?, dans sa manière très “comédie française” d’exploiter les clichés et de jouer avec des sujets sensibles. Là où l’autre abordait frontalement le racisme, celui-ci semble s’attaquer à une forme d’“identité française” fantasmée. Le problème, c’est que le film m’a paru extrêmement ambigu, presque dérangeant. J’y ai vu quelque chose de très peu subtil, difficile à cerner, qui donne parfois l’impression d’un discours réactionnaire plus que d’une véritable satire. Deux familles “bien françaises”, dont l’une ouvertement royaliste, voient leurs certitudes s’effondrer à la lecture des tests ADN, mettant en péril le mariage de leurs enfants. Sur le papier, l’idée pourrait être mordante. À l’écran, elle reste superficielle. J’ai surtout eu le sentiment que le film risquait de faire rire ceux-là mêmes qu’il prétend peut-être critiquer. Même avec le recul nécessaire pour accepter tous les types d’humour, je me suis senti aussi mal à l’aise devant ce film que devant Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? À mes yeux, ce n’est pas du bon cinéma : il flatte une partie du public tout en laissant l’autre de côté, et manque cruellement de portée.
Si l’intention est de montrer une ouverture sur l’extérieur, une pluralité des origines inscrite dans nos gènes, le film repose paradoxalement presque entièrement sur le rejet et la caricature des autres cultures. Tout est réduit à des stéréotypes : les Français seraient comme ceci, les Portugais comme cela, les Allemands autrement… Le personnage de la jeune féministe (la seule a apporter un peu de contradiction), systématiquement dépeint comme irrité, irritant, perpétuellement énervé et habité, finit par devenir franchement usant. C’est facile, répétitif, et rapidement lassant.
Je ne dirai pas pour autant que je n’ai pas souri. Je ne suis pas hermétique à ce type d’humour, et certaines situations, proches du vaudeville et ancrées dans une tradition théâtrale française, fonctionnent ponctuellement. Mais sur le fond comme sur la forme, tout dans le film m’a tenu à distance.
Bref, une comédie qui, malgré quelques moments amusants, m’a profondément déplu par son manque de finesse et sa ligne d’intention problématique.
Très honnêtement, j’en ai aussi ras-le-bol de voir Christian Clavier dans ce genre de rôle racistes. Ça commence vraiment à me gaver.