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Roule ma poule !
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En voilà une poule élevée en plein air (contrairement à tous les humains qu'elle croisera sur son chemin) !! Quittant l'élevage industriel (mis en scène de manière terrible en ouverture), Cocotte se retrouve livrée à elle-même dans le grand monde des humains, peuplé de prédateurs. On entendrait le pitch d'Eo, mais avec une poule au lieu d'un âne. Il y aurait aussi des échos de Chicken run et des vestiges de Ferme des animaux, dans cette odyssée aviaire (qui rappelle le très beau court-métrage animé, L'Odyssée de Choum).
Malgré les apparences, rien n'est là par hasard, sinon, peut-être, les plans de réaction volés à cette poule noire (qui ne deviennent des réactions à proprement parler que par la force du montage). Le film en dit presque plus sur la condition humaine (peu réjouissante) que sur la vie d'une poule (franchement bad ass). Quand les deux mondes interagissent, plus ou moins volontairement, chacun se retrouve avec la vie de l'autre entre les pattes, car la vie d'un homme n'est pas moins fragile que celle d'une poule...
La mise en scène, à hauteur de poule quasiment tout le temps, regorge de trouvailles originales, simples mais qui paraissent évidentes. La musique, capable de créer du suspense comme de la romance, et le montage, coupable de faire un thriller de course-poursuite ou un drame sur fond de crise migratoire, élèvent le film, parsemé de plans rarement vus (le premier, notamment).
Toutes les émotions y passent, peur, crispation, rire, larmes, et les histoires humaines, au second plan, comme un décor, finissent par nous renvoyer à notre propre vie, pas loin de celle d'une poule en cage (plus ou moins dorée). Voilà où Gyorgy Palfi arriver à viser juste : dans le rapport anarchique à la liberté qu'il parvient à créer avec son actrice principale et non-humaine. Si Eo était une Lettre pers-âne, Cocotte est un conte de la Mère-Poule.
Créée
le 10 mai 2026
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