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Code 46 (2003) : Dystopie sensuelle et réflexion identitaire

Le film qu'on zappe trop vite

Parce qu'il mélange dystopie british, sensualité crue et une vraie réflexion sur l'identité... Et que Tim Robbins + Samantha Morton, c'est du velours. Code 46 est un film qu'on zappe trop vite, dommage.

Un Gattaca mélancolique et charnel

Dans un futur proche dystopique, William Geld (Tim Robbins), enquêteur sur les fraudes d'assurance, est envoyé à Shanghai pour démanteler un trafic de faux "papelles" (passeports génétiques). Il tombe immédiatement amoureux de Maria Gonzales (Samantha Morton), la suspecte principale. Leur relation viole le "Code 46" une loi interdisant la reproduction entre personnes partageant plus de 25% d'ADN identique. Le film déploie une atmosphère de film noir sci-fi, mêlant surveillance génétique, manipulation mentale (via des "virus d'empathie") et romance impossible. Roger Ebert y voyait du William Gibson, "les valeurs du film noir liées à l'aliénation moderne et au newspeak futuriste."

Ce qui frappe, c'est la sensualité assumée du film. Là où Gattaca restait cérébral et froid, Code 46 ose la chair, le désir, l'intimité physique. Les scènes entre Robbins et Morton ne sont pas gratuites ; elles incarnent la dernière zone de liberté dans un monde contrôlé. La BO hypnotique de David Holmes (The Free Association) et les paysages urbains de Shanghai, Dubaï et Jaipur créent une ambiance envoûtante, presque onirique.

Un réalisateur iconoclaste à la filmographie fascinante

Michael Winterbottom est l'un des réalisateurs britanniques les plus prolifiques et les moins prévisibles. En 15 ans, il a enchaîné 17 films radicalement différents :

Les drames sociaux : Welcome to Sarajevo (1997, sur le conflit yougoslave), In This World (2003, Ours d'Or à Berlin, road movie sur des réfugiés afghans), A Mighty Heart (2007, avec Angelina Jolie sur Daniel Pearl), The Road to Guantanamo (2006, sur la torture).

Les adaptations littéraires audacieuses : Jude (1996, Thomas Hardy), The Claim (2000, western adapté de Hardy), Tristram Shandy: A Cock and Bull Story (2006, méta-comédie géniale).

Le cinéma musical et culturel : 24 Hour Party People (2002, sur la scène punk de Manchester, avec Steve Coogan), 9 Songs (2004, "le film le plus candide et non-pornographique sur le sexe de ce siècle" selon David Thomson).

Les thrillers controversés : The Killer Inside Me (2010, adaptation violente de Jim Thompson avec Casey Affleck), Wonderland (1999, drame familial londonien).

Les comédies improvisées : La trilogie The Trip (2010-2017) avec Steve Coogan et Rob Brydon, pur bonheur de dialogues.

Winterbottom refuse les étiquettes. Il passe du docudrame politique au film expérimental, de la comédie au thriller, avec une aisance déconcertante. Code 46 s'inscrit dans cette liberté totale : c'est un film de genre (sci-fi) traité comme un drame intimiste.

Le paradoxe critique

Divisé lors de sa sortie, Code 46 a trouvé son public culte avec le temps. Certains y voient un chef-d'œuvre mélancolique ("romantique et futuriste, avec un rythme et une musique qui envoûtent"), d'autres un exercice de style creux. Ce qui est sûr : c'est un film qui laisse une trace, qui questionne notre rapport à l'identité, au contrôle génétique et à l'amour impossible.


À voir si :

Vous aimez les dystopies intimistes (Gattaca, Her, Eternal Sunshine)

Tim Robbins et Samantha Morton vous fascinent

Vous cherchez de la sci-fi qui ose la sensualité

Vous appréciez les BO de David Holmes / The Free Association


À éviter si :

Vous détestez les films lents et contemplatifs

Vous préférez la SF spectaculaire à la SF cérébrale

Les langues mélangées (anglais/espagnol/mandarin/arabe) vous agacent

Vous attendez une fin heureuse



ℹ️ Fiche technique

Titre français : Code 46

Année : 2003 (sortie France : novembre 2004)

Réalisateur : Michael Winterbottom

Scénariste : Frank Cottrell Boyce (collaborateur récurrent de Winterbottom)

Acteurs : Tim Robbins, Samantha Morton, Om Puri, Jeanne Balibar

Durée : 93 minutes

Budget : 7,5 millions de dollars

Tournage : Londres, Shanghai, Dubaï, Jaipur, Jodhpur, Hong Kong (janvier-mars 2003)

Compositeur : David Holmes (The Free Association)

Sélection : Compétition officielle, Mostra de Venise 2003

Note IMDb : 6.1/10

Note Rotten Tomatoes : 51% (critique divisée)


🎬 Anecdotes

Mick Jones des Clash apparaît dans la scène de karaoké et interprète "Should I Stay or Should I Go"

Polyglottisme : Le film mélange volontairement anglais, espagnol, mandarin, arabe et français pour créer un futur linguistique crédible

Inspiration : Roger Ebert compare le film à Alphaville de Godard et au Brave New World de Huxley

Winterbottom/Boyce : Code 46 est la 5e collaboration entre le réalisateur et son scénariste fétiche

Comparaisons : Souvent rapproché de Gattaca, Minority Report (avec Samantha Morton aussi), et Lost in Translation pour son atmosphère mélancolique

Irw20
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le 31 déc. 2025

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