Un jitsuroku vraiment original, tant sur le fond que sur la forme. L'histoire prend place dans la période de transition entre Taishō et Shōwa, grosso modo de 1922 à 1942, avec un point de bascule qui est le Grand tremblement de terre du Kantō en 1923, ce qui est déjà inhabituel dans un genre qui nous a souvent resservi les "histoires vraies" des gangsters de l'après-guerre centrées autour du Yamaguchi-gumi (Kansai), de Noboru Andō (Tokyo), du conflit de Hiroshima, ou sur le conflit d'Okinawa au début des années 70. Si on y ajoute les costumes et voitures d'époque, les parties de dés nerveuses, on a l'impression de suivre un ninkyo classique plus qu'un film de 1974.
On suit un bakuto (Bunta Sugawara) de Yokohama, connu pour être un jeune loup ambitieux, qui dans les décombres de sa ville détruite par le tremblement de terre participe de la réorganisation de la pègre locale et s'imposera comme un yakuza aguerri et craint jusqu'à Tokyo.
Son histoire met en lumière le cheminement des familles qui vivaient jusque là des tripots et du jeu, à des implications directes dans les cercles politiques qui trouvent leur intérêt dans l'utilisation de cette main d'oeuvre prête au coup de force. Dommage que la tension avec le grand rival, le deuxième loup du titre (Akira Kobayashi), ne soit pas mieux exploitée, surtout que cette histoire s'achève en eau de boudin avec une fin qui est annoncée dès le premier tiers du film.