J'ai vraiment un problème avec ce metteur en scène, notamment dans les scènes finales de ses films. Déjà, la fin d'Ida m'avait semblé être très convenue, la brebis égarée rentrait au bercail. A nouveau, avec cold war, je ne comprends pas ces scènes qui concluent le film. Elles me paraissent fausses. D'abord, ce principe de symétrie des images, fort belles par ailleurs, de ruines d'une église avec trouée vers le ciel (est-ce signifiant ?) au début et à la fin du film. Cela sent la préméditation ce que je rejette dans une oeuvre d'art véritable, une construction quand même un peu téléphonée. Ensuite, je ne comprends rien à ce suicide mutuel, organisé en grande pompe, les petits comprimés alignés comme un collier. N'est pas Stephan Zweig qui veut...
Car si on peut admettre que l'héroïne échevelée aille jusqu'au sacrifice final, le héros, par contre, le type au noeud papillon, qui admet sans broncher la propagande communiste, ce qui n'est pas le cas de sa compagne de travail, qui abandonne son grand amour pour filer à Paris, elle lui dit d'ailleurs moi je ne serais pas partie, qui favorise les relations de sa bien aimée avec qui peut le servir, tout d'un coup l'escogriffe vire sa cutie, et ce qu'il n'a pas fait quand il fallait le faire, voilà maintenant qu'il le réalise au centuple en sacrifiant sa vie...
J'aurais préféré une autre fin du genre de celle du film français des années 30 où le suicidé ne se suicide pas.
Cela aurait eu de la gueule de voir le grand triste recracher son poison et, fidèle à lui-même, abandonner son grand amour comme fut en son temps abandonné ce magnifique édifice en ruines...
En conclusion, je perçois dans ces deux films, Ida et Cold war, une espèce de militantisme diffus qui ternit le propos de ces deux films pourtant souvent brillants.

Fullenbaum
6
Écrit par

Créée

le 17 mai 2019

Critique lue 252 fois

Cold War

Cold War

7

Velvetman

le 24 oct. 2018

Suivre

L'amour de l'ellipse

Cold War de Pawel Pawlikowski nous est dévoilé dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2018. Comme pour Ida, l’esthétique de cette romance fragmentée par la guerre est à se damner. Les...

Cold War

Cold War

5

EdPays

le 30 oct. 2018

Suivre

Amour Froid

ATTENTION SPOILERS - Commençons par mettre en lumière ce qui ne fait pas (ou peu) débat à propos de Cold War. À savoir, le formidable travail de l'image. Le noir et blanc, les décors, l'ambiance,...

Cold War

Cold War

4

oggy-at-the-movies

le 23 oct. 2018

Suivre

d’un tragique quasi absurde

Loin de l’explosion musicale et passionnelle promise, Cold War souffre en fait d’un terrible manque de crédibilité : la dichotomie fond/forme y est telle que ces derniers, irréconciliables, semblent...

The Captain - L'Usurpateur

The Captain - L'Usurpateur

7

Fullenbaum

le 5 avr. 2019

Suivre

Critique de The Captain - L'Usurpateur par Fullenbaum

Disons pour simplifier que ce serait une sorte de Lacombe Lucien mais à l'allemande avec un réalisme, une dureté, une âpreté difficilement soutenables. Le héros, le Capitaine, se trouve propulsé par...

The Third Murder

The Third Murder

7

Fullenbaum

le 31 août 2019

Suivre

Une fin décevante

C'est au dernier moment que j'ai ressenti une déception. Pendant presque tout le film j'ai été captivé, ce film me disais-je est remarquable à la manière d'un Antonioni où toutes les questions sont...

Sunset

Sunset

7

Fullenbaum

le 5 avr. 2019

Suivre

Labyrinthe

C'est un film remarquablement maîtrisé, kafkaïen, étouffant, une espèce de chemin d'initiation pris en sens inverse de l'apprentissage. On ne sait pas trop comment s'orienter, comment démêler le vrai...