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Trompeur...
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le 2 avr. 2017
Il ne s'agit pas ici de mon paternel. Plutôt de celui que j'ai été et demeure jusqu'à mon trépas. J'aimerais me péter les bretelles en disant que j'ai fait un bon travail. Ce n'est pas le cas, à mes yeux du moins, et je regrette amèrement bon nombre de conneries. Je n'ai jamais fait de mal à mon enfant (3). Malgré tout, je remarque, et on me fait réaliser, certaines " daddy issues ". Possible que la traduction littéraire ait une partie de la réponse à mes travers. Un problème se resout avec une solution. L'issue se règle avec un accord. A ce chapitre, ce sont donc les enfants qui auront droit de veto sur l'acceptation des excuses du père et de ses biais cognitifs et heuristiques.
D'abord, il faut impérativement comprendre un tant soit peu la génétique pour évaluer sa propre condition. Souvent, il y aura copie des agissements du parent. Inconsciemment, la plupart du temps, on recrée le scénario parental avec des nuances plus ou moins significatives. Pour faire court, la répétition est génétique et les nuances deviennent notre personnalité propre, notre individualité. Certains choisissent d'aller carrément a l'opposé de leurs pères, d'autres s'en inspirent. Pourtant, même en brûlant l'empreinte parentale, la génétique demeure. On ne s'en sort pas vraiment. Une part de nous " ressemblera " au parent ( le père, dans ce cas ci.
Je peux affirmer, sans trop me tromper, qu'à certaines périodes, je fus un pere correct. Présent, actif, aimant, affectueux et tout le bordel qui vient avec le rôle. Par contre, je dois me rendre a l'évidence, à certains moments, j'ai pu etre, et même encore, une belle merde. De haut niveau par instant. Soit je vivais dans ma tête et lorsque c'est le cas, il y a fermeture complète de ma disponibilité mentale. Soit, je jouais a la cigale qui regarde la fourmi ( lire ici regarder le train passer...). Souvent, inexpliquablement, je le vois tres bien. Et pourtant, malgré une volonté de fer, je retombe invariablement dans le gris total où le nivellement se fait vers le bas. Je crois pertinemment avoir un coeur presque innocent, dénué de mal. Cependant, ce n'est pas suffisant pour assumer un role d'une telle importance. L'enfant, surtout en bas âge, nécessite de la présence physique mais aussi d'esprit. Il n'a que faire de toutes les simagrées, élucubrations et excuses de son parent. Pour le gamin, la vie c'est ici et maintenant , pas ailleurs, avant, ou dans sa tête de con.
Puis, il y a les aléas de la vie. La vie de couple, entre autres, peut s'avèrer fallacieuse si on ne prend pas garde. A long terme, on devient soit un peu comme l'autre, soit on est soi-même. Mais lorsque le soi-même ne convient plus a l'autre, le venin empoisonne lentement la vie de famille. En ce qui a trait a mon histoire, jai beaucoup trop longtemps pensé a convaincre ma dulcinée de ma valeur que de jouer correctement mon role de père. L'enfant, irrémédiablement, aura une carence quelconque puisque la personne devant trébuche toujours sur une argumentation répétitive qui ne mene a rien. Pendant ce temps, l'enfant grandi avec une vision distortionné de l'amour. Et une distorsion notable de la vision qu'il a de son père. Ce que je m'explique difficilement, a ma défense, est l'injustice que j'ai toujours ressenti au niveau des encouragements de la part de mes conjointes.
Que ce soit mes cours a l'université ou quelques créations écrites, je n'avais pas droit a un félicitation, bon pour l'estime, ou beau travail. Pourtant, ces mêmes personnes l'offrent allègrement à leur nouvelles flammes. Une phrase tirée des réseaux sociaux illustrent d'ailleurs le phénomène merdique. " Ils feliciteront un autre. Mais pas toi. Parce que c'est toi." Juste en y repensant, une colère triste s'empare insidieusement de ma tête et mon coeur. J'offrais ces encouragements. Malheureusement, je ne les recevais jamais. J'ai demandé souvent. C'est mon visage? Mon attitude ? Moi entièrement ? Pas plus de réponse. J'en suis venu à la conclusion que j'étais probablement une merde. Qui ne méritait pas l'amour ( et ce qui est censé venir avec) d'une femme. Et pendant ce temps, mes enfants grandissaient, voyant un père démoli par l'absence de fierté, d'amour-propre. Cette petite attention qui illumine un visage de contentement...
Ce même visage s'est refermé, laissant plutôt place à un mur de glace. Une grisaille quotidienne, impassible en apparence, écorché en dedans. Sachant qu'il y avait tout de même du potentiel en moi, je serrais les dents en me tourmentant de questionnement. Pourquoi ? Simultanément, mes enfants vivaient dans une ambiance de plus en plus morose. Ne sachant pas si mon humeur les concernait ou s'il s'agissait de ma nature. Combien je regrette aujourd'hui mes absences mentales et ma propension à chercher la dignité chez ces femmes que j'aimais au lieu de croire en mes capacités. Je donnais un exemple médiocre d'insuffisance et, par le fait même, m'eloignais de tout. Enfants inclusivement. Quel con...
Puis, il y a cet irritant chronique qui m'a toujours pourri la vie. La fatigue. D'accord, une fois debout, je peux accomplir beaucoup de trucs. Mais me lever? Définitivement loin d'être une personne matinale, impossible pour moi d'être un bon père à ce niveau. Tellement qu'il y a de ces jours où le 9mm s'entendrait plutôt bien avec ma tempe droite. Jai passe une panoplie de tests, prit plusieurs médicaments. Rien à faire, mon cerveau est incontestablement éteint jusqu'à une certaine heure. Plus jeune aussi, mon propre père devait frapper mon lit pour me réveiller. Mais quel exemple de merde. Quel putain de déchet. Je n'ai même pas le contrôle de mon propre éveil. L'amour véritable n'a pas réussi à changer la donne. Qu'est-ce que ça prendra alors? Je peux offrir la lune. Pas ça visiblement. Certains jours, je me dis qu'il vaudrait peut-être mieux que je continue ce sommeil. Éternellement...
Je me suis vidé le coeur, je l'admet. Lorsqu'il est question de mes enfants, la verve s'active. Malheureusement, un seul de mes enfants lira ces mots fort probablement. Et je sais pertinemment qu'il s'agit d'un 50/50. Littéraire de nature, mais aussi pour me faire plaisir. Gentil. Adorable. Empathique. Mais l'intérêt est-il réel ? J'ose espérer. J'espère aussi que mes deux autres amours liront quelque pages à mon départ. Un peu comme un héritage, un lègue écrit plutôt que financier.
La pièce Daddy relate ce genre d'histoire mais à l'envers. C'est l'enfant qui parle. J'ai prit de l'avance afin ,au moins, d'expliquer les raisons qui nous auront menées à ce moment précis. Ces arguments ne sont pas valides pour excuser les manques et erreurs. Possiblement un baume à la limite.
Je suis profondément désolé. Mes regrets ne peuvent atténuer les résultats. Mais je vous aimes. Mon coeur vous appartient.
Pour toujours... Et même après...
Créée
le 10 janv. 2025
Modifiée
le 10 janv. 2025
Critique lue 15 fois
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