La dignité face au temps qui passe

Avec Colonel Blimp, Michael Powell et Emeric Pressburger livrent une fresque étonnamment libre, qui traverse plusieurs décennies pour raconter non pas une carrière militaire, mais une vie entière traversée par les guerres, les amitiés et les désillusions.

Le film suit Roger Livesey dans le rôle de Clive Wynne-Candy, officier britannique dont la trajectoire se confond avec l’évolution d’un monde en mutation. Ce qui frappe, c’est la manière dont le film refuse de réduire son personnage à une caricature patriotique : il est à la fois noble, dépassé, attachant et parfois ridicule.

La structure en retours dans le temps donne au récit une ampleur particulière. Chaque époque révèle une facette différente du personnage, mais aussi une transformation progressive de ses idéaux, confrontés à la réalité des conflits et du passage du temps.

La relation avec Anton Walbrook apporte au film sa dimension la plus touchante : une amitié complexe, faite d’admiration, de désaccords et de fidélité malgré les divergences historiques et politiques.

Visuellement, le film impressionne par sa richesse chromatique et son sens de la composition. Les séquences du passé ont une chaleur presque picturale, tandis que le présent apparaît plus froid, comme vidé de ses certitudes.

Ce qui fait la force de Colonel Blimp, c’est surtout sa tendresse pour ses personnages. Powell et Pressburger refusent le cynisme et préfèrent interroger la possibilité de rester humain dans un monde qui change trop vite.

Le film s’impose comme une œuvre profondément humaniste et singulière, qui parle autant de la guerre que du temps, de la loyauté et de l’usure des idéaux.

acalvi06
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 15 mai 2026

Critique lue 5 fois

acalvi06

Écrit par

Critique lue 5 fois

D'autres avis sur Colonel Blimp

Colonel Blimp

Colonel Blimp

9

Docteur_Jivago

le 18 oct. 2014

Suivre

Par-delà les tranchées

Colonel Blimp s'ouvre en 1942 à Londres lors d'un exercice militaire se finissant dans un bain turc où le général Clive Wynne-Candy se souvient de sa jeunesse 40 ans auparavant dans ce même bain turc...

Colonel Blimp

Colonel Blimp

8

Sergent_Pepper

le 10 févr. 2017

Suivre

Passions unies

Puisque le cinéma est le média le plus populaire, les nations auraient tort de s’en passer dans les périodes les plus troublées de son histoire : la seconde guerre mondiale sera ainsi l’occasion...

Colonel Blimp

Colonel Blimp

10

Frankoix

le 23 juil. 2010

Suivre

Critique de Colonel Blimp par Frankoix

Deux soldats, l'un britannique (Clive), l'autre allemand (Théo), se battent en duel pour laver l'honneur de leurs patries respectives. Ils se retrouvent tous deux à l'hôpital, où ils se lient...

Du même critique

The Apprentice

The Apprentice

3

acalvi06

le 25 mai 2025

Suivre

Un film tiède pour une figure brûlante

Avec The Apprentice, Ali Abbasi s’attaque à un sujet brûlant et volontiers polémique — l’ascension d’un jeune Donald Trump — mais son film, au lieu de proposer une véritable lecture ou une mise à nu...

L'Attachement

L'Attachement

5

acalvi06

le 10 oct. 2025

Suivre

Une délicatesse qui confine à la tiédeur

Un point de départ fort mais prévisible :Carine Tardieu s’empare d’un sujet classique du cinéma contemporain : la recomposition affective après une perte. L’histoire du veuf dépassé, de la voisine...

Kaamelott - Premier Volet

Kaamelott - Premier Volet

1

acalvi06

le 27 avr. 2025

Suivre
Dernière modification

le 21 nov. 2025

Quand la table ronde tourne en rond

Après des années de série culte, Alexandre Astier signe avec Kaamelott – Premier Volet une transposition catastrophique à l’écran. Le film peine à justifier son existence en tant que long-métrage :...