Colorful
7.1
Colorful

Long-métrage d'animation de Keiichi Hara (2010)

Colorful, c'est un film qui parle d'un sujet très en vogue au Japon : le suicide.

Pour évoquer ce thème délicat, on suit l'âme d'un mort à qui l'on a donné une seconde chance alors qu'elle ne demandait rien d'autre qu'on lui foute la paix. Cette âme trouve sa place dans le corps de Makoto, jeune collégien qui vient de se suicider. Évidemment, personne n'informe l'esprit sur les menus détails de sa nouvelle vie. Ici, c'est marche ou recrève.

Les premières scènes du film donnent directement le ton : on n'en saura jamais plus que cette âme réincarnée. Le film est tourné à la première personne jusqu'au moment où l'esprit découvre son nouveau corps et le rôle qu'elle va devoir jouer. A partir de là, on est immédiatement projeté dans sa vie. Pas de longs discours métaphysiques sur "le suicide c'est pas bien" dans cette partie. On est d'emblée confronté à des questions très pragmatiques : mais... elle est où ma chambre ? pourquoi mon frère ne m'aime pas ? pourquoi j'ai l'impression que mes parents jouent la comédie ? c'est qui cette fille ? pourquoi je suis un paria dans mon collège ? comment je suis censé agir ?

S'en suit alors tout un lot de scènes tantôt cocasses, tantôt émouvantes, où l'âme cherche qui pouvait être Makoto et balance perpétuellement entre son identité propre et celle du jeune collégien mal dans sa peau, puis finit par se prendre complètement au jeu.

Tout le message sur le suicide est dit avec beaucoup de tact et de subtilité. On en arrive presque à être convaincu que tout le monde peut avoir une deuxième chance, que tout le monde peut réussir à changer et à reprendre sa vie en main. Presque... Jusqu'au moment où l'ange/gentil petit diable (ah, feu Monsieur Gripari) fait le petit discours habituel sur le suicide, comme quoi les autres ont besoin de nous, que l'on fait partie d'un tout, l'univers, blablabla, avec le sous-entendu affligeant que toute personne qui se suicide est égoïste. Ce discours doit durer en tout et pour tout une minute. Mais il suffit amplement à amoindrir la charge émotionnelle du film. Du 10/10, il passe à 8. Si seulement...
dindon
8
Écrit par

Créée

le 19 nov. 2011

Critique lue 408 fois

dindon

Écrit par

Critique lue 408 fois

6

D'autres avis sur Colorful

Colorful

Colorful

8

Gand-Alf

le 2 juin 2013

Suivre

Le ciel peut attendre.

A l'inverse d'un cinéma d'animation occidental désormais entièrement voué à un jeune public (si l'on excepte bien entendu les oeuvres d'un Picha ou d'un Ralph Bakshi, ciblant un public adulte bien...

Colorful

Colorful

6

Hypérion

le 9 mai 2013

Suivre

Couleurs primaires

Colorful peint avec pas mal de nuances une foultitude de messages profonds débordant de bons sentiments sans aller jusqu'à l’écœurement, dresse des portraits de personnages colorés quoique...

Colorful

Colorful

9

SlashersHouse

le 1 nov. 2011

Suivre

Second Life.

Le Japon vit de gros problèmes de société, comme toute société qui se « respecte », et c'est ici que Colorful puise son énergie, s'attaquant à l'ijime, que l'on pourrait comparer aux brimades que...

Du même critique

Microsoft FreeCell

Microsoft FreeCell

8

dindon

le 22 janv. 2011

Suivre

Apprendre à se concentrer

Comme j'ai cherché à l'expliquer à ma mère encore récemment, la FreeCell, n'est PAS une perte de temps. C'est le genre de jeu auquel on joue sans y penser, mais jamais sans penser à rien du tout. Au...

Titanic

Titanic

7

dindon

le 13 janv. 2011

Suivre

Titanic, avant/après

Oh que la critique est facile à présent! Qu'il est facile de se moquer du célèbre "Jack, je vole" (ou "I'm flying Jack!", selon le vo/vf) à chaque fois qu'il y a un peu de vent! Qu'il est facile de...

Gremlins

Gremlins

5

dindon

le 12 déc. 2010

Suivre

Mon premier film d'horreur

Je me souviens avoir regardé ce film pendant la pause de midi, un jour de pluie, à l'école primaire. Les instituteurs nous avaient tous parqués dans une grande salle, en démarrant la cassette VHS...