J'ai passé un bon moment avec ces personnages, dans leur parenthèse de vie suspendue et dans ces lieux où la caméra reste longtemps posée. Il ne se passe pas grand chose mais il se passe aussi une vie et une éternité dans ce que s'échangent les personnages. Ils ne sont là que pour passer, dans des lieux liminaires qui ne sont aussi conçus que pour être traversés. Mais ces deux personnages sont coincés là et s'accrochent l'un à l'autre, c'est leur présence qui donne de la valeur à ces lieux à l'esthétique brutaliste ou minimaliste. Probablement qu'il faut aimer les plans fixes et l'architecture pour vraiment accrocher, et aimer les silences et les non-dits qui parlent plus que les dialogues insipides que Hollywood nous sert habituellement en intraveineuse. Probablement.