Je me souviens avoir été impressionné et diverti par son film précédent, réalisé pour environ 5 000 dollars… Mais cette fois-ci, Combes et son equipe amateure (enfin, plus vraiment amateurs) l'ont fait, toujours en production sauvage mais sur un budget de 50 000 dollars (semble-t-il), et le résultat est époustouflant. Details ci-dessous.
Guerilla film-making at its very best:
Lorsqu'on réalise un film professionnellement sous l'égide d'une société de production officielle, on est obligé de faire appel uniquement à des techniciens agréés et syndiqués. Interdiction formelle de toucher à quoi que ce soit sur le plateau. Envie de déplacer un projecteur ? Même pour le réalisateur, c'est interdit. Il faut appeler le technicien agréé et lui expliquer la procédure ; il contactera ses assistants, et ainsi de suite. Lois, règlements, assurances, contrats… c'est complètement absurde. Envie d'utiliser des doublures pour la voix des acteurs ? Interdit ; c'est la loi, etc. La moindre idée se transforme en véritable cauchemar. C'est pourquoi le cinéma "guerilla", la production sauvage, est la seule voie possible pour faire des films interessants, et Ben Combes le prouve ici avec ce film qui ressemble trait pour trait à un blockbuster, mais réalisé avec un budget de 50 000 $.
Est-ce que ce deuxieme opus est meilleur que le premier?
Personnellement, j'ai préféré le premier. Il y avait plus de parodies, plus d'exploitation, plus de nudité (cette fois, pas du tout), les dialogues etaient souvent plus droles et comportaient plus de one-liners amusants; le realisateur faisait preuve dans l'ensemble de plus d'imagination en sautant d'univers en univers, de reference en reference. La bande originale était aussi géniale du début à la fin (ici, beaucoup moins marquante). L'humour etait omnipresent (ici, c'est beaucoup moins drole). Ajoutez à cela l'effet de surprise et sa durée compacte d'une heure sans un seul temps mort, et je dois dire que le premier film m'a davantage marqué bien que réalisé avec un dixième du budget.
Bien sûr, l'effet de surprise ayant disparu, le film s'adresse avant tout aux fans du premier opus qui y trouveront exactement la même chose, en rab, avec des graphismes bien plus impressionnants, mais rien de particulierement nouveau si ce n'est une nouvelle dose de ce style créatif extrêmement imaginatif qu'on ne trouve dans aucune production officielle... Ces gars-là ont une imagination débordante, contrairement aux riches producteurs à Hollywood, et font preuve au travers leur homage potache de bien plus de style et de panache que la plupart des blockbusters hollywoodiens. Ca, ca reste evident, dans le 2 comme dans le 1.
J'avai aussi vu le premier vu dans sa version en français. Pour le deuxieme, j'ai malheureusement vu la version doublée en anglais dont l'intonation était basique et ne véhiculait aucun aspect parodique. J'espère que la version française est plus drôle à cet égard, mais je ne saurai dire.
Whats next for Ben Combes and his team?
Ces créateurs attachants incarnent l'essence même du cinéma (ou ce qu'il devrait être) : des génies passionnés qui créent avec leurs propres moyens, dans leur cuisine et leur jardin, et dont l'œuvre finale surpasse de loin les films que l'industrie impose au public. Pour la prochaine étape de leur carrière (que j'imagine déjà bien lancée), je ne vois pas pourquoi Beinjamin Combes ne prendrai pas la place de Luc Besson; j'aimerais le voir collaborer avec un scénariste et un dialoguiste de talent afin d'ajouter des gags, de mieux développer les scènes, d'améliorer l'humour et de faire passer leur style de storytelling au niveau supérieur ; cela pourrait donner naissance à de véritables chefs-d'œuvre. Espérons qu'il conserve son approche artisanale, en dehors des circuits de production professionnels, et qu'il parvienne à préserver sa liberté créative et sa passion.
Pour conclure,
Réserves et spéculations mises à part, le film tel qu'il est garantit un divertissement enfantin à tous ceux qui sont suffisamment nostalgiques pour vouloir avoir à nouveau 12 ans, pendant deux heures !