1969 : année érotique particulièrement angoissante pour la Prévention Routière qui craignait l'augmentation des accidents par suite de tête à queue !
Une ambitieuse, passionnante, épatante comédie s’ auto-congratule l'affiche qui nous eng.. avec la langue de Chèquespire : "Feelgood Movie" : c'est une insulte ou ça vit dans l'eau ?
Epatante ? Pas tante que ça puisque Julien Hallard a essuyé un bide magistral dans ce coup-franc après avoir réalisé et co-écrit cette gentille farce.
Après s'être rendu compte, après qu'il ait appris à lire, que la Fédération féminine de football avait été créée en 1970... Ce n'est pas qu'avant ce fut interdit, c'est que les nanas, hyper-féminines de la tête aux doigts de pieds, ne voulaient pas être couvertes de bleus alors même que la mode n'était pas encore aux tatouages type légionnaires...
De plus, nos vénérables aïeux (encore respectés en ces temps-là) jugeaient que les "jeunes pucelles" avaient bien mieux à faire dans leurs cuisines et avec leurs casseroles, qu'à vouloir imiter les mecs et jouer au ballon : passe-temps bien inutile et tellement stérile à cette époque bénie où la stupide parité n'existant pas, elles auraient bien mieux fait d'apprendre à tricoter !
Voilà pour l'ambiance où il vous faudra faire l'effort de vous transplanter comme dans une machine à remonter le temps !
Julien Hallard (1974/ ----) c'est qui ? Malgré toutes mes recherches, je n'en sais rien... Tout au plus qu'il a émergé de Sciences Po, dont chacun sait que ça vous robotise un homme à tout jamais...
Il s'est bien essayé aux courts métrages en autodidacte, mais parti de rien, il n'est arrivé à pas grand chose comme disait Pierre Dac... N'est pas Melville qui veut...
Ce premier long métrage de 2018 est le seul film qui soit sorti de la cage...
Avec un carton rouge : 87 582 spectateurs à la sortie alors que la covid était inconnue... Désespérant non ? Problèmes de distribution ?
Surtout pour les producteurs dont C8 ! Bien fait : la chaîne refusant mes enregistrements à partir d'une box télé Bouygues, j'ai dû les réaliser en Belgique !
Pourtant, et bien que le foot soit devenu une affaire de fric comme le sport en général, les coupes européennes ou mondiales font encore recette et ça fait toujours la queue aux guichets, non ?
Je vais vous dire : regardant la plupart de mes films "à l'aveugle" j'ai cru au départ à un de ces bons vieux films des années 69/ 70 où après les évènements de mai/ juin 1968, cette aventure répondait au souci du bon peuple de France de se marrer après avoir frisé la guerre civile...
Conforté en cela par le début du film au-cours duquel on voit une joie blonde postuler pour un recrutement en chemisier ab-so-lu-ment transparent : je crois bien qu'il s'agit de Laurie Bordesoules, -à moins que ce ne soit Mona Walravens ?- qui je vous l'affirme haut et fort, n'a rien d'un garçon !
Audace érotique appréciable d'une époque où Brigitte Bardot montrait son cul à toute la France en demandant s'il lui plaisait dans "le Mépris", alors qu'elle savait bien que oui !
Le casting de Constance Demontoy, (que je félicite chaleureusement) aussi remarquable qu'éclectique, n'était pas là non plus pour corriger ma méprise ! Pas l'ombre d'une star vieillie du grand écran !
Le déroulement du film est jouissif car il viole tous les interdits de notre époque : ça picole, ça fume partout, ça ne connaît pas les limites de vitesse sur la route... On se demande combien de fois le caméraman a dû nettoyer son objectif encrassé de nicotine accumulée au cours des prises de vues...
De plus, ne cherchez aucun soupçon de vérité dans ce récit burlesque ! Toute ressemblance est fortuite...
On voit pourtant bien que les pancartes d'identification des bâtiments ont été peints et posés à la hâte de fraîche date, et l'action ne se situe pas à Reims mais à Royan : la mer est plus proche...
Le journalisme, c'est loin d'autoriser à mettre ses pieds sur un bureau ! Il faut d'abord s'en trouver un ! Quand on n'est pas pigiste ou pire correspondant, condamné au télétravail...
Avec toujours cette peur bleue d'exposer le journal à un procès si on révèle des choses confidentielles, dont les coûts prohibitifs sont la hantise du directeur financier et des actionnaires...
Pour en revenir au script, dans cette troupe de filles sympa, Boubil en est le héros tardif, mais hélas surjoue... J'ai revu avec plaisir cette troche de mafioso de Wilfred Benaïche, ainsi que Lochet, un éternel et énième second rôle rivé ici à son Rollei à moins que ce ne soit un Yashica Réflex 6 x 6 : encore que le pied n'était pas bien idéal pour photographier un match...
Vanessa Guide est ici l'héroïne à surprises... Excellente dans certaines scènes, plus timorée dans d'aut²res mais je lui ai préférée Solène Rigot qui méritait mieux que ce strapontin, mais en définitive tout le casting est plaisant...
Enfin, choix bizarre que Vladimir Cosma pour illustrer à 78 ans une musique que je n'ai pas franchement aimée, alors même que la période des sixties offrait un large choix bien meilleur...
Il fallait oser : dommage : Julien Hallard a raté son pénalty... On ne lui en veut pas mais on ne va pas refaire le match !
Tipik (RTBF) le 23.07.2023-