Découvrir la première œuvre d'un (grand) réalisateur provoque toujours un plaisir particulier. Les papilles gustatives sont en alerte à l'idée de comprendre, à la lecture du premier effort, tout ce qui sous-tendra les réalisations futures.
Comme souvent (on pense à Assaut de Carpenter ou à Duel de Spielberg) , "The Jéricho Mile" ne ment pas sur le talent de Michael Mann. Evidemment, ce téléfilm qui sortira au cinéma en France souffre de nombreux défauts, le probable manque de moyens et de temps se ressentent dans le développement de l'histoire, parfois un peu rapide.
Pourtant, "Comme un homme libre" est déjà un film affirmé, à l'image de la scène d'ouverture, un plan de cour de prison filmé avec frénésie, découvrant un univers bigarré, violent et un peu inquiétant. En adaptant une histoire vécue, Mann se détermine d'emblée comme un cinéaste témoin de la réalité, il choisit la prison de Folson comme lieu de tournage et plusieurs acteurs sont des détenus du pénitencier. Le personnage principal est un homme associal, pragmatique et déterminé comme le seront les grandes figures de ses réalisations futures.
Les scènes de course à pied filmées à hauteur d'homme sont parfois enivrantes, rythmées par des battements de cœur entêtants. Bref ce "Jericho Mile" est tout à fait digne d'intérêt, à peine terni par des effets narratifs obligés et un peu désuets, dictés par la nécessité d'uniformisation des productions télévisuelles.
A noter enfin, l'excellente interprétation de Peter Strauss, malheureusement sous employé au cinéma et qui contribua notamment à la renommée de la très bonne série "Le riche et le pauvre".