Moins fiction que documentaire, le film de Robert Altman s'attache à décrire l'existence et les multiples facettes d'une compagnie de danse, en l'occurrence le ballet de Chicago.
Dès lors, le scénario est très mince, san réelle intrigue, un simple prétexte structurant le sujet et il n'est que deux personnages à émerger. L'un est mineur, joué par la scénariste même du film, incarnant une danseuse en devenir ; l'autre, plus conséquent, est le directeur de la compagnie interprété par l'excellent Malcolm McDowell, à travers les décisions duquel on touche à la difficulté de monter un spectacle.
De façon tout à fait classique, mais avec cette touche propre à Altman d'humour distancié (dans un registre analogue : son "Prêt-à-porter"), le film est une alternance d'extraits de spectacles, de répétitions, d'indiscrétions de coulisses. Le cinéaste, on le devine, n'est pas sans admiration pour les danseurs-euses, artistes le plus souvent anonymes, travailleurs acharnés soumis à rude épreuve. Toutes les contingences de leur métier sont évoquées ici, dans un film qui, faute d'intrigue, peine à nous passionner mais qui saisit des séances de travail intéressantes ou de belles séquences chorégraphiques (pour qui apprécie la danse classique).