Au sujet de Conann, dernier opus de Bertrand Mandico, peut se poser une question qui ne serait absolument pas valable pour la majorité des cinéastes : est-on susceptible d'assister à une surenchère de la part de l'artiste, sachant qu'il a déjà poussé le bouchon du délire assez loin ? Et l'envie vient de répondre oui, pour notre plus grand plaisir. Conann est un vrai carnage, et cela ne fait pas seulement référence aux multiples passages gore ou aux peu ragoûtantes scènes finales qui feraient passer La grande bouffe pour un brunch du dimanche. Non, c'est bien le film en entier qui se déguste comme un cru barbare, ce qui est logique eu égard à son récit sous forme de biopic déchaîné et bestial. Ce qui pourrait lui être reproché, à la rigueur, c'est d'être un peu trop bavard alors que les images parlent d'elles-mêmes et subjuguent mais en contrepartie un certain type d'humour, bien noir, est présent. On a connu Mandico plus sensuel aussi mais Conann est aussi une réussite quand il se fait, pour un temps seulement, romantique et presque "normal" (dans le Bronx, par exemple). Mais bon, c'est surtout un grand carnage de même qu'un festin de roi, pour un film dont on peine à trouver un adjectif qui pourrait le qualifier mieux que celui de barbare. Une mention particulière, au milieu d'un casting très performant, mérite d'être décernée au molosse de l'enfer, incarnée par l'incroyable "paparazza" Elina Löwensohn.