Conclave, c'est un film qui me passionne pour le décor qu'il dresse. Celui qui nous plonge dans un univers inaccessible, avec pour but de nous en révéler les rouages. Bien loin d'un thriller hollywoodien à la Anges & Démons, Conclave use de son intrigue principale pour nous dire que l'élection du pape, ce n'est pas de simples cardinaux se réunissant à l'abri des regards pour élire le nouveau chef pontifical. Ce n'est pas qu'une histoire de fumée noire et blanche qui décidera du sort du scrutin. Mais c'est surtout un monde beaucoup plus complexe, politique et hypocrite qu'il n'y parait. Comme pour n'importe quel gouvernement, tout est question de manipulations, de trahisons et de pouvoirs. Et qu'à partir de cela, le réalisateur a su aborder diverses thématiques, même secondaires - la place des femmes au sein de la religion chrétienne, les abus sexuels, la guerre, le terrorisme... - pour mettre en évidence le conflit entre l'Eglise moderne et celle plus conservatrice. De part de nombreux détails, jusqu'à des décors évocateurs : la Chapelle Sixtine par exemple, contre des lieux plus froids et high-techs (avec ordinateurs et badgeuses pour entrer dans une chambre. C'est pour cela que Conclave passionne, aidé par une ribambelle de comédiens savoureux - Ralph Fiennes en tête. C'est plutôt du côté du thriller que le titre pèche. Peut-être que j'en ai trop entendu à sa sortie, comme quoi il s'agissait d'un des meilleurs films de 2024 ou d'un des grands favoris aux Oscars. Il n'empêche que le long-métrage m'a quelque peu déçu en matière de suspense et de twists retournant le cerveau. Tout se devine trop facilement et peine à surprendre par son déroulé. L'ensemble ne cesse d'annoncer des révélations, qui tombent finalement un peu à plat, malgré la portée de leur message. A mon sens, il manque à Conclave un petit quelque chose pour qu'il soit un titre de grande ampleur, qui mérite toutes les louanges que j'ai vu à son sujet.