Deux heures d’un huis clos étouffant ! Les délibérations et le vote des cardinaux chargés de désigner un nouveau pape après le décès de celui en exercice. Un sujet austère rarement mis en image sans doute par crainte du désintérêt des spectateurs potentiels. Il est vrai que « Conclave » n’a rien d’attrayant et n’est clairement pas fait pour se divertir, ni s’évader … Un film d’intérieur très sombre aussi bien au niveau prise de vue que sur la description qui est faite de l’ensemble des hommes d’église réunis à cette occasion. Rien n’est fait pour détendre l’atmosphère bien au contraire. Pas de « respirations », une musique minimaliste et presque inquiétante… On « subit » prés de deux heures de complots, de révélations plus ou moins sulfureuses sur les divers prétendants au poste suprême de la catholicité. Si le scénario pêche par certains excès, par des situations parfois à la limite de la caricature, la réalisation quant à elle serait presque parfaite ! Presque en effet, car on perçoit que le réalisateur n’a pas vraiment réussit à trancher sur le type de d’œuvre cinématographique il désirait proposer. Un thriller décrivant les arcanes du Vatican, ou une analyse plus profonde des « tourments et « turpitudes » des cardinaux composant le conclave. On a l’impression qu’il s’est laissé dépassé par le scénario tiré d’un best seller au détriment d’une analyse plus fine des états d’âmes des principaux protagonistes. Le résultat est perturbant car en tant que spectateur on se laisse prendre à cette atmosphère feutrée, étouffante emplie de mystères réels ou supputés avec des retournements de situations comme dans une série classique contrastant avec des moments plus « intimistes » plus psychologiques… Un bon film, travaillé au niveau de nombreux détails qui aurait mérité un traitement moins accrocheur, plus intimiste mais qui semble avoir été corseté par un scénario hérité du livre qui devait manifestement « en jeter » !