Ralph Fiennes incarne le cardinal doyen du Vatican, chargé d’organiser le conclave suite au décès du Pape. Tous les cardinaux se retrouvent enfermés au Vatican, totalement isolés, jusqu’à ce qu’ils élisent un nouveau souverain pontife. Évidemment, tout ne se passe pas comme prévu. Le défunt Pape semble avoir emporté avec lui quelques secrets, et ces révélations pourraient bien tout faire basculer.
La première chose qui frappe dans Conclave, c’est sa photographie. Avec le Vatican comme terrain de jeu, Edward Berger avait un matériau de base incroyable, et il en tire parti à merveille. Les scènes jouent sur les contrastes entre le rouge éclatant des soutanes et la blancheur immaculée des marbres. Certaines images sont majestueuses, comme ces cardinaux avançant lentement dans leurs manteaux rouges. D’autres sont plus subtiles, comme une coque de téléphone rouge ou les teintes chaleureuses des murs.
Et ce n’est pas tout : on sort parfois des murs du Vatican pour découvrir l’Italie “réelle” avec les nonnes en bleu, les rues baignées de jaune, et la foule qui attend dehors, suspendue au résultat. Ce contraste est parfaitement dosé et apporte de l’équilibre au film.
Côté scénario, on est sur un thriller bien ficelé. Les rebondissements sont surprenants et tiennent en haleine : je n’ai rien vu venir, et c’est assez rare pour être souligné. Les dialogues, parfois ponctués d’une pointe d’humour, sont fluides et naturels, et les relations entre les cardinaux sont crédibles. On sent qu’ils se connaissent (et se jugent) depuis des années.
Petit bémol : certaines situations m’ont paru un peu tirées par les cheveux. Par exemple, certaines justifications comme “Je n’étais pas au courant” sonnent un peu trop faciles. Et pour un conclave censé être un huis clos, les interactions avec l’extérieur semblent parfois étonnamment nombreuses. Mais bon, on ferme les yeux parce que l’intrigue reste prenante et bien menée.
Au-delà du suspense, le film soulève des questions importantes sur les valeurs de l’Église, ce qu’elle est aujourd’hui et ce qu’elle pourrait devenir. Et c’est sûrement cette dimension universelle qui explique pourquoi Conclave touche autant de monde, même des spectateurs sans trop de lien avec l’église catholique (comme moi).
Honnêtement, je ne pensais pas du tout accrocher à ce genre d’histoire, mais j’ai été complètement captivée, autant par la beauté visuelle que par l’intrigue. Une bonne histoire, bien racontée, finit toujours par nous embarquer, peu importe le sujet.
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