Le Pape est mort. Le Vatican active promptement le Papesignal et les cardinaux débarquent à Rome dans leurs costumes impeccables pour déterminer qui récupérera les clés de la Papamobile. En sa qualité de doyen, c'est au Alfred local - Ralph Fiennes - que revient la lourde tâche d'organiser le Conclave. Il va devoir composer avec des intrigues de pouvoir sournoises et des événements extérieurs imprévisibles pour faire en sorte que la tiare n'atterisse pas sur la mauvaise tête...
Conclave est un film plein de qualité : son sujet tout à fait original nous offre un bon aperçu des rouages d'un état tout à fait singulier, régi par des mœurs archaïques. Les acteurs délivrent de solides performances, le film est esthétiquement très soigné, c'est très propre.
De là à dire que c'est un excellent film, je m'en lave les mains. Sans vouloir jeter la pierre à une œuvre tout à fait correcte, on peut se demander si Conclave aurait suscité un tel intérêt si son cadre avait été différent. Car l'intrigue fait quand même dans la GROSSE ficelle...
Les méchants ont des têtes de méchants. Ils volent, trahissent, forniquent à droite à gauche, paix à leurs âmes... Les gentils, eux, ont des vraies têtes de gentils. Ils sont droits, doux, justes, calmes et réfléchis, on leur donnerait le bon Dieu sans confession. L'italien est très démonstratif, il parle avec les mains. Et honte à celui qui ne devinera pas l'identité du futur Pape à la seconde où celui-ci apparaît.
Sans être un chemin de croix, le film pâtit aussi d'un rythme mal maîtrisé qui vous fera parfois trouver le temps long. Le scénario multiplie pourtant les rebondissements mais manque à capitaliser sur ces derniers, leur offrant bien souvent une résolution pauvre comme Job à même de provoquer la déception chez le pécheur cinéphile.
Pour autant, rendons à César ce qui est à César et ne crucifions pas Conclave qui reste un divertissement de qualité malgré ses quelques imperfections.
Mais que voulez-vous : le diable est dans les détails.