La particularité de Conclave (et ce qui fait sa force) est qu'il dépasse rapidement la simple curiosité de son sujet pour devenir un miroir étonnamment fidèle de notre société contemporaine. En effet, le huis clos de l’élection pontificale sert ici de métaphore à notre monde divisé, en proie aux mêmes dilemmes que ses cardinaux : comment rassembler des communautés qui ne se comprennent plus et préserver l’intégrité du pouvoir quand celui-ci semble irrémédiablement corrompu ? À ce titre, le film touche juste et frappe par sa pertinence.
L’aspect thriller, particulièrement bien mené dans sa première partie, fonctionne comme moteur narratif efficace : tension maîtrisée, secrets qui affleurent, ambiance pesante. Mais à mesure que le récit avance, cette mécanique s’emballe un peu trop. Les révélations s’enchaînent presque minute par minute, gagnant en ampleur ce qu’elles perdent en subtilité. Cette surenchère finit par atténuer l’impact dramatique et créer une légère redondance.
Malgré cela, Conclave demeure une œuvre efficace qui peut en outre compter sur un casting solide, mené par Ralph Fiennes.