Ettore Scola réalise une chronique de l'Italie de 1938. Son décor est celui d'une simple rue où circulent le tramway, quelques charretiers et divers personnages plus ou moins pittoresques chargés d'évoquer l'existence sous le régime fasciste.
Deux boutiquiers, aux commerces mitoyens et concurrents sont les deux figures émergentes de ce microcosme. L'un d'eux est juif et, à travers lui, à travers son statut imposé, Scola revient sur cette période honteuse de l'Histoire italienne.
Précisément, le mérite du film (le seul?) est de relater cette période, comme le cinéma italien en a souvent eu le courage et la lucidité- contrairement au cinéma français généralement peu enclin à réveiller la Collaboration et Vichy. Cependant, "Concurrence déloyale" fait un film mineur, factice avec sa reconstitution d'époque un peu lisse et ses personnages sans réelle épaisseur.
Tourné vers l fantaisie et l'anecdotisme, le sujet de Scola n'a ni la truculence ni l'ironie corrosive des meilleures comédies italiennes, ne sait pas non plus nous convaincre, en filigrane, de la gravité des temps. Les personnages ne sont pas très attachants et leur histoire bien peu intéressante. La mise en scène manque de relief, de passion et d'émotion, de force dramatique en somme, et l'ensemble fait figure de sage téléfilm que la VF contribue à aseptiser.
Scola rend une copie fadasse et vulgarisatrice, dépourvues d'intentions polémiques, à la lecture de laquelle on se dit que le fascisme de Mussolini ne fut qu'un mauvais moment à passer...