Le grand cinéma populaire des années 30 totalement passé de mode et honteusement oublié. Direction d'actrices à couper le souffle.
Belle découverte pour ma première incursion dans le cinéma de ce cinéaste oublié qu’on dit avoir été populaire dans les années 30 avant de voir sa carrière interrompue par la guerre et être peu à peu oublié (il ira réaliser des films plus confidentiels aux États-Unis et reviendra avec des films moins réussis en France, à ce qu’on dit).
Premier constat : d’origine ukrainienne, on sent comme beaucoup de cinéastes soviétiques dès l’époque du muet, chez Léonide Moguy, un attrait et un soin tout particulier pour les acteurs. Les actrices surtout qui ici se partagent le haut de l’affiche. Toute la technique de Moguy est tournée vers eux pour les mettre dans les meilleures conditions : à l’image d’un Ophuls, il multiplie les mouvements d’accompagnement et les recadrages imperceptibles pour coller le plus aux émotions des personnages. Une qualité relativement nécessaire dans un film comme Conflit présenté comme un mélodrame.
Pour être crédible dans un tel genre dont les excès pardonnent rarement, il faut une justesse sans faille, être à l’affût du moindre geste ou mot allant trop loin. Et sur ce plan, Moguy tient ses acteurs d’une main de maître. Tout est juste et carré. Pour être juste, il ne suffit pas de demander à ses acteurs de « faire vrai », sans quoi on s’exposerait à certaines familiarités passant assez mal la rampe ; il faut surtout arriver à ce qu’ils trouvent leurs libertés, leur justesse, dans un cadre très délimité, presque théâtral (à une époque où encore beaucoup d’informations du récit passent en priorité par les dialogues).
Commentaire complet sans lucher à lire sur La Saveur des goûts amers
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