Keanu Reeves est John Constantine. Lui qui avait déjà défié le diable dans un costume d'avocat, l'affronte désormais en tant qu'exorciste, avec une classe inchangée.
Loin d'être sans défauts, le film s'empêtre à certains moments dans des scènes bancales, tantôt aux idées mal amenées tantôt à l'intérêt limité. Mais à côté de ça, on a une ambiance globale qui vaut le détour. Dieu et Diable, Anges et Démons, l'homme face à sa corruption, les suicidés face à l'Enfer, les sacrifiés au Paradis, les mortels face à leur fin.
Aucun manichéisme bas du front où le cadre mystique servirait d'emballage fantasy et au contraire un vrai respect des thématiques religieuses, car si en définitive l'une des intrigues du film consiste à empêcher certains hybrides de mettre le bazar sur Terre, le fil rouge demeure la lutte des humains pour le salut de leur âme.
D'un côté, Isabel, fervente catholique, dont la sœur jumelle qui l'avait autrefois abandonnée cherche aujourd'hui à la sauver de la damnation. Sorte de quête du deuil qui ramènera Angela sur les traces de son enfance et la confrontera à ses propres peurs.
De l'autre, Constantine, condamné pour la vie qu'il a prise dans sa jeunesse, atteint d'un cancer des poumons. Il a vu l'enfer de ses yeux, et à l'heure où la médecine lui annonce sa fin imminente, doit faire face à y séjourner pour l'éternité. Moins cynique que son équivalent comics, on retrouve tout de même un personnage qui n'a jamais rien fait de désintéressé, omnibulé par sa quête d'un paradis qu'on lui refuse, haï par les deux camps, enfant perdu de Dieu, proie attendue avec patience par le Diable.
Dans les deux cas, des acteurs magiques. Keanu Reeves j'en suis amoureux depuis cette soirée où NRJ12 avait diffusé L'associé du Diable et ma flamme pour lui ne s'est jamais éteinte. Tant de personnages mythiques (Neo, Johny Wick, Johny Utah...) qu'il aura fait vivre avec passion. Constantine fait partie de ces héros complexes qu'il aura su composé, même si le film, en définitif très holywoodien ne s'y prêtait pas forcément. C'était son 14ème film que je découvrais et toujours un énorme plaisir.
Pour lui donner la réplique, on a donc la toujours très appliquée Rachel Weisz. Cela dit ce n'est pas non plus sa prestation la plus marquante, en particulier sur les scènes occultes.
Finalement, j'en sors avec un excellent souvenir, les scènes un peu molles étant compensées par la franche réussite de certaines autres (le dialogue final avec le diable, la révélation du péché de Constantine, le coma éthylique...).