James Mangold n'est pas là pour vous vendre des explosions ou de l'héroïsme en plastique. Dans COP LAND, il opère une déconstruction méthodique et jubilatoire de la mythologie policière américaine. Fini le flic incorruptible et flamboyant : la mise en scène, sobre et étouffante, nous enferme dans un dortoir du New Jersey où la corruption systémique se transmet comme un héritage de famille.
Le coup de génie du réalisateur ? Avoir dépouillé Sylvester Stallone de ses muscles triomphants pour lui offrir le rôle d'un shérif sourd, pataud et socialement invisible. Face aux fauves de l'Actors Studio que sont Harvey Keitel et Robert De Niro, c'est pourtant lui qui impose son tempo par un jeu d'une intériorité sidérante. James Mangold installe une atmosphère poisseuse, crépusculaire, où la vraie violence se joue dans les silences et les compromis moraux.
Pourtant, derrière cette perfection formelle, le film cache une étrange anomalie rythmique dans son dernier acte, liée à des conflits de montage sous haute tension avec le studio qui ont bien failli redéfinir toute la conclusion du récit... Mais pour comprendre ce qui s'est réellement joué dans les coulisses de COP LAND et pourquoi ce climax divise tant, il faut aller creuser plus loin.
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