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le 17 avr. 2018
SuivreDes défis de jeunesse
Si j'ai apprécié ce film, c'est en grande partie car j'ai longtemps vécu à Marseille, et que ces endroits précis de la corniche me rappellent nombre de souvenirs. De plus, j'ai trouvé l'attitude et...
Une rencontre improbable entre Suzanne, cette fille qui sort tout droit du huitième arrondissement de Marseille, et une bande de copains des quartiers nord. Ils ne partagent évidemment rien au premier abord, jusqu’à cette épreuve qui leur fait se sentir vivants en se jetant de la Corniche. Dès lors, le trio amoureux qui se noue est extrêmement touchant.
Je regrette l’intrigue du trafic de drogue qui vient parfois embarrasser le récit de ses artifices et de ses maladresses. Elle paraît moins vraie que les visages, moins juste que les gestes. Dominique Cabrera, dont le regard est celui d’une amoureuse du réel, aurait pu se contenter de recueillir ces éclats de vie, ces heures sans gloire où la jeunesse invente malgré tout sa propre lumière. Mais cette omniprésence policière, introduite au forceps dans l’écriture, rappelle que ces minots grandissent sous l’oeil permanent de la police.
Alors, qu’est-ce qui m’émeut autant ? Au-delà d’une introspection sur ma courte expérience marseillaise, c’est la beauté de ces minots qui se jettent à la mer comme si leur vie en dépendait… Et leur vie en dépend, car ils ont bien peu de choses et cherchent dans le danger la preuve de leur existence.
La photographie est exceptionnelle grâce au travail d’Isabelle Razavet. La lumière attache tantôt les sujets à leur corniche minérale, tantôt les arrache pour les rendre au ciel, lorsqu’ils percent les rayons lumineux avant de finir dans une mer d’un bleu méditerranéen qui semble appartenir aux mythes. La bande-son ajoute également son charme, portée qu’elle est par la musique originale de Béatrice Thiriet et par les voix de certains acteurs eux-mêmes, comme celle de Kamel Kadri.
Créée
le 23 juin 2026
Critique lue 8 fois
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