Un film intéressant, avec une atmosphère qui lui est propre, qui rend bien compte de la misère de la Calabre, et d'un sentiment de malaise sur plusieurs strates. On suit la jeune Marta, qui affronte notamment la fin de l'enfance, tant mentalement que biologiquement. C'est intéressant de voir le monde à travers ses yeux, même si cet aspect aurait pu être plus développé. Les autres personnages sont intéressants, le prêtre qui pense plus à sa carrière qu'à la religion, sa servante dévouée et un peu bornée. La dynamique familiale est intéressante aussi, notamment la grande sœur de Marta.
Mais la trame de fond, voire même de surface, c'est bien la religion. Même si elle porte un regard très critique, on ne peut pas dire que la réalisatrice est anti-christiannisme. Elle met juste en question les codes traditionnels avec la modernité, et il y a effectivement un décalage assez oppressant, représenté par cette ambiance étrange. C'est difficile d'y entrevoir vraiment le propos exact car on sent quand même pas mal de respect, et on est vraiment immergé là dedans, entre le cathéchisme et la confirmation. On a des scènes très particulières, filmées avec attention. Le chat, les chatons, la discussion entre le prêtre et Marta dans la voiture, les cheveux de Marta... c'est pas mal déconcernant.
Difficile néanmoins de savoir où ça va. C'est un état des lieux très brut, très cru. Mais on sent déjà une fibre, une identité maîtrisée. Intéressant plus qu'autre chose.