Je profite de la disponibilité de deux films d'Alice Rohrwacher sur Arte pour découvrir son cinéma, n'ayant vu qu'Allégorie citadine jusque là, un film dont elle était seulement co-réalisatrice.
Corpo Celeste est à la fois un film sur la fin de l'enfance, sur l'éducation religieuse et sur l'abandon de certains territoires en Italie.
C'est ce qui frappe dans le film : on a une gamine un peu paumée, qui se cherche et se découvre puisqu'elle pique un soutien-gorge par exemple dans le film, et se retrouve souvent à contempler les environnements délabrés qui l'entourent ou même à y errer tout en suivant des cours de catéchisme assez souvent.
Pour ce dernier point car je vais commencer par là, c'est ce que l'éducation religieuse a de plus ridicule qui est montré dans le film et même le curé du village n'y croit pas et trouve ça naze. Ça se voit à ses réactions. Pour autant, ce n'est pas un milieu tendre (une gamine demande plusieurs fois à aller aux toilettes lors de ces cours et à chaque fois on lui refuse, même s'il n'y a pas de conséquences), il y a tout ce truc avec les yeux bandés aussi qui est assez particulier...
Cela amène aussi à des références à la religion dans la mise en scène et c'est suffisamment bien dosé pour ce qu'on se dise "Tiens, la réalisatrice a mis ça là" sans que ça ne soit lourdingue.
Le film a une ambiance à la fois très calme et dérangeante où ces deux aspects se marient très bien. Ce que je veux dire par là c'est qu'il n'y a pas de grosses montées en tension ou des moments où le rythme s'emballe, juste des trucs qui se passent qui sont violents pour les personnages mais pas forcément pour nos oreilles et nos yeux.