[...] Je sors de la salle il y a quelques heures et je me dis : Wow, quand est ce que j'ai vu ça pour la dernière fois ? [...] En marchant pour rentrer chez moi, je réfléchis, avant de me rappeler : C'était le 30 Septembre dernier, en sortant du visionnage de #Wind River
Ce film est beau, même très beau. Visuellement bien sûr, mais surtout dans les thèmes qu'il aborde et la symbolique utilisée pour cela. Pour simplifier, je vais découper en 3 parties :
1 - Concernant le côté " conte ", ce film ressemble a tous les aspects du conte germanique en version adulte. Deux individus de sexe opposé (ici sous forme de cerf et biche), seuls dans une forêt sombre de bouleaux et qui cherchent leur chemin, un but, un objectif. Ex : Hansel et Gretel ! Les visuels sont vraiment ceux des forêts germaniques. Quand je dis aussi que c'est pour adultes, l’héroïne tente de s'ouvrir les veines par désespoir, perd 2,5 L de sang, puis se ravise après un coup de téléphone. En pratique, personne ne survit à une telle chose. Scène assez trash, pas vraiment tous publics.
(Je vois venir les commentaires sur l'actualité récente et non je ne crois pas qu'il y ait de message caché sur le viol)
2 - Concernant la partie poétique, c'est tout simplement que ce film nous parle des sentiments les plus ancrés en chacun de nous. Par exemple, le Désir amoureux imaginé des peuples grecs (Eros), dans un décor de Mort (Thanatos). Ici c'est un abattoir pour bovidés (vaches). J'ai dit plus haut que les forêts font très germaniques. Mais plusieurs poètes français ont utilisé ce modèle de représentation de la nature dans leurs textes. Je pense notamment à Rimbaud dans " Le Dormeur du Val ", ou encore Chateaubriand. C'est exactement la même chose pour l'expression poétique du Désir. Au XIXème siècle, Apollinaire dans " Alcools " et Baudelaire dans " Les Fleurs du Mal " étaient passés maîtres dans ce domaine
3 - Tout dans ce film, transpire le modèle slave dont je crois, les hongrois sont assez fiers. Aussi bien les deux personnages principaux et leurs attitudes/manières de s'exprimer (indépendamment de la langue), que l'atmosphère qui règne dans l'usine.
En conclusion :
Ce n'est certainement pas un film parfait, il a des défauts. Son thème le classe plutôt dans les films étrangers " très indépendants ". Preuve à l'appui, je l'ai vu dans une salle du cinéma, aménagée exprès Art et Essais. Mais comme pour #Les Oubliés, #Wind River, #Dead Snow, l'histoire est racontée avec le cœur, de manière légère et sans aucune prétention
Le Cinéma Hongrois est souvent réputé comme étant peu facile d'accès, difficile à trouver et à comprendre, car régi par d'autres problématiques. Ne faillit pas à sa réputation : 8/10