Coppola et Scorsese ont relégué le film de Terence Young, du fait de son insuffisance et de sa complaisance, dans le pittoresque et au dernier rang des évocations de la mafia. Quand on a vu "Le Parrain" et " Les Affranchis", on mesure encore mieux la rigueur et le réalisme dont manquent les personnages de "Cosa Nostra".
C'est d'autant plus évident que l'intrigue du film rappelle en bien des points celle des "Affranchis": le destin mafieux d'un sous-fifre de la pègre italo-newyorkaise. Mais comparé au futur rôle de Ray Liotta chez Scorsese, celui de Charles Bronson -à l'instar de tous les autres- apparait dans toute sa vacuité.
Joseph Valachi, personnage principal du film, souffre autant de sa dimension humaine indigente que de l'inexpressivité de son interprète. Mis en scène par Terence Young -et malgré que l'intrigue garde un soupçon d'intérêt- les rituels mafieux, comme les trahisons et les règlements de compte, sont ternes, naïvement exposés et dépourvus de réalisme. On le regrette surtout pour Lino Ventura, dans le rôle d'un dangereux chef de clan, qui, de toute évidence, mieux dirigé, avait le profil, le charisme et le talent pour faire de Vito Genovese un vrai grand mafioso de cinéma.
Le film a beaucoup vieilli.