On a peu l’occasion de se faire un film de SF russe récent. Alors why not ? C’est le onzième film de son réalisateur, un certain Faïziev que je ne connais pas mais qui attise ma curiosité. Il paraîtrait que c’est un genre d’adaptation officieuse de la série d’animation française Galaktik Football. Moui … les deux synopsis ont bien quelques points communs mais ça s’arrête là.
En 2070 et des brouettes, après une guerre galactique qui a mis un sacré bordel, le climat terrien ne ressemble plus à rien et l’humanité est dans la survie. Des extraterrestres gèrent la situation et organisent un grand tournoi de foot 3D, le cosmoball. Il est toutefois probable que ce jeu est davantage d’enjeux que le simple divertissement.
Avoir les moyens de ses ambitions et les ambitions de ses moyens. C’est le mantra d’un bon cinéma de divertissement basé sur le spectaculaire. Le cinéma américain, ne sachant plus quoi faire de ses moyens, a largement abandonné toute ambition. Ce cinéma russe est à coup sûr ambitieux mais les moyens sont à peine suffisants. Ainsi, c’est la grande tambouille numérique qui règne sur cette Terre de demain. C’est pas si vilain et on a vu bien pire mais malgré tout, c’est fond vert à tous les étages. À tel point qu’on tient là presque un film d’animation. De fait, les décors réels, en carton-pâte, ne sont que portion congrue et on doit se contenter d’un appartement, deux rues moscovites et un bout de station de métro. À l’interprétation, c’est guère mieux. On ne pourra saluer que la prestation de Maria Lisovaya, le reste étant au mieux insipide mais généralement mauvais. La bande son, musique comprise, est tonitruante, voire bruyante. Elle tente de donner artificiellement un rythme épique à l’ensemble. Ça et les couleurs criardes, ça met nos sens à rude épreuve. Pour ce qui est du récit, l’intro est un peu brouillonne et on peine alors à bien comprendre la situation initiale. Les personnages manquent d’épaisseur et sont assez stéréotypés. On regrettera notamment la candeur, la naïveté et même la bêtise du personnage principal, globalement con comme ses pieds et assez agaçant tant ses choix et réactions sont idiots. Après tout ça, vous me direz que la messe est dite. Et pourtant. Le concept n’est pas sans intérêt et si l’histoire manque d’épaisseur, elle se suit sans déplaisir. Elle aurait certes pu gagner en efficacité en se montrant plus concise mais passées les réticences du début, c’est assez plaisant.
Donc ? Pour enfants. Ça lorgne un peu du côté des Robert Rodriguez pour gosses genre Spy Kids ou vers le Speed Racer des Wachowski. Il est fort probable que ça plaise bien à votre petit neveu. Quant à vous, pas impossible que vous vous laissiez prendre, surtout par un dimanche après-midi de flemme. Donc pas franchement bon mais suffisamment pour son public.
>>> La scène qu’on retiendra ? Quand le héros se fait soigner par son Spoutnik. Émotion et tristesse sont aussi au rendez-vous.