La revanche d'un homme nommé Perrin.
Second long-métrage de Jean-Jacques Annaud, sur un scénario de Francis Veber, "Coup de tête" serait parti de la montée en puissance de Guingamp (à l'époque modeste club de football) pendant la Coupe de France en 1973.
Comédie acerbe et douce-amère comme on en fait malheureusement plus, "Coup de tête" observe avec un mélange d'amusement et de férocité la fascination qu'exerce le football dans notre beau pays, et surtout sa main-mise et sa toute puissance dans certaines petites villes où le ballon rond règne en maître, où tout y est relié d'une façon ou d'une autre.
Contant la revanche d'un loser devenu héros d'un jour, "Coup de tête" règle en quelque sorte ses comptes avec les magouilles et les coups tordus d'une élite n'hésitant pas à accuser de viol un pauvre paumé afin de garder à l'abri leur joueur vedette, ou encore avec l'hypocrisie d'une population capable de vous traîner plus bas que terre pour vous acclamer le lendemain pour le simple fait d'avoir fait entrer une balle dans un rectangle.
Court et parfaitement rythmé, bien que n'allant peut-être pas assez loin, "Coup de tête" reste un classique du cinéma français, porté par des dialogues savoureux et par des comédiens impeccables menés par l'immense Patrick Dewaere.