Le film est très juste par sa capacité à faire naître, dans les marges du réalisme social, un imaginaire émotionnel instable, presque psychotique, mais toujours chargé de tendresse. La misère sociale n’est ici jamais décorative : elle devient le terrain mouvant d’une détresse affective que ni les mots, ni les adultes ne parviennent à apaiser. Luna Carmoon filme l’obsession comme une forme d’amour qui ne sait pas dire son nom. Le film dessine le portrait d’une jeune fille à la recherche d’un nid, d’un cocon, dans un monde où plus rien n’est à sa place. Entre l’impossibilité d’habiter le présent et le besoin irrépressible de faire revivre le passé, Hoard explore le vertige d’un attachement abîmé, en convoquant les forces contradictoires de la mémoire, du deuil et du désir de réconfort. Une œuvre dérangeante, mais d’une humanité sourde et infaillible.
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