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le 7 févr. 2022
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Incursion ricaine de Lizzani, biopic mafieux de durée série B, Crazy Joe n’a pas la singularité formelle des meilleurs polars italiens mais, pour inabouti qu’il soit, il a un regard de cinéaste le...
Incursion ricaine de Lizzani, biopic mafieux de durée série B, Crazy Joe n’a pas la singularité formelle des meilleurs polars italiens mais, pour inabouti qu’il soit, il a un regard de cinéaste le singularisant dans les visions de la mafia par le cinéma américain. Le héros du film résume tout : c’est un Joe Pesci sans l’énergie animale, sans le côté haut en couleurs. Son degré zéro de compréhension de Camus et de la figure de Spartacus lui permet d’ailleurs de légitimer la violence (attaque évidente contre la glamourisation des outlaws par le cinoche ricain de l’époque). Les dégaines ressemblent à des versions fauchées de celles des personnages de Goodfellas. Chanter l’opéra à plusieurs dans l’autoradio n’a rien du cool des héros tarantiniens fredonnant leur chanson fétiche, c’est juste grotesque. Dans une salle de cinoche, on imite à voix haute un Richard Widmark en mode pervers chez Hathaway pour finir par menacer au couteau un spectateur mécontent (scène pas très loin rayon ambiance d’un Taxi Driver qui sortira deux ans plus tard). Plus loin on verra les truands chambrer une équipe de tournage (d'un film de gangsters du Nouvel Hollywood ?) qui réalise un film de gangsters non réaliste. C’est un peu Scorsese et Coppola sans la glamourisation du milieu, sans la surenchère de folklore italien de cinéastes regrettant de ne pas avoir grandi au pays, juste de la violence, du complot shakespearien de supermarché pour garder sa place et du petit Machiavel. Le dernier tiers semble au début décousu mais finit par faire sens comme récit de tentative d’un truand de faire ami ami avec son époque :
assassinat en plein meeting d’un truand qui avait formé un parti politique communautariste italo-américain (Taxi Driver n’est pas loin, les Kennedy non plus), alliance bien avant King of New York avec la délinquance noire incarnée par Fred Williamson et sa coolitude blaxploitation.
Sauf que le film opposera à une époque confuse le caractère immuable de l’ordre mafieux, scellant les choses par un règlement de comptes à l’ancienne.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Top Poliziottesco et Les meilleurs films avec Eli Wallach
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le 7 févr. 2022
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le 7 févr. 2022
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