L'équipe du Poisson Nommé Wanda remet le couvert, et c'est toujours aussi déjanté ! Inutile de le cacher derrière un placard coulissant (avec une horrible tarentule en liberté) : on a beaucoup rigolé. Les gags fusent à la seconde, que cela soit dans les dialogues (par pitié, écoutez-le en VO, les jeux de mots se savourent : quand John Cleese bute sur des mots comme "Slot" / "Sal*pe" pour dire "Slip" / "Lapsus", évidemment la vanne est bien meilleure en VO), ou dans les situations cocasses (le running-gag de John Cleese qui bégaye quand il parle à une femme dans les yeux, mais qui est censé être un chaud lapin avec moult femmes et animaux dans son lit : c'est plus que oui). Créature Féroces se laisse volontiers regarder surtout par la folie douce qu'il arbore, osant un rythme de gags qui pourra en décourager certains (qui ne connaîtraient pas le débit hallucinatoire des Monty Python : on adore, mais il est vrai qu'il faut apprivoiser la bête), tandis que les autres rigoleront très simplement de ce brancard qui passe pour la troisième fois devant le directeur qui doit remarquer "combien telle créature est féroce", de ces bestioles qui jouent gaiment dans la chambre du directeur (qui ne s'est pas résolu à les tuer, et on le comprend : vous avez vu le regard larmoyant du lémurien ? Vous l'avez vu ?), du capharnaüm final lorsque
le fils héritier fait croire au suicide de son père
(un sacré bazar, mais on se marre encore bien de la supercherie loufoque). Créatures Féroces n'est pas fin ni malin, mais il est très généreux et audacieux dans son humour, enchaîne les quiproquos comme des perles, ce qui parvient très vite à faire glousser puis rigoler franchement. Et en plus, on se repaye Kevin Kline, Jamie Lee Curtis, John Cleese et Michael Palin, ce qui vaut le pesant de cacahuètes (en sachet à 1 pound à l'entrée, à jeter aux animaux). Prenez un ticket pour ce zoo, c'est une ménagerie que vous n'oublierez pas de sitôt !