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They call her One-Eye
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le 19 août 2015
Quentin Tarantino qui considère ce film comme le meilleur "Rape & Revenge" de tous les temps : il ne m'en faut pas plus pour me décider à le voir.
Alors je ne sais pas si il a raison, mais force est de constater que pour l'époque, le film à quand même sacrément de la gueule. Déjà grâce à son héroïne qui se fait certes crever un oeil, mais qui en contre-partie va littéralement crever l'écran en portant littéralement le film sur ses épaules grâce à un charisme de dingue.
Le film n'est pourtant pas exempt de défauts: la musique par moments par exemple, qui part dans une sorte de délire expérimental ultra dissonant flirtant avec les ultra sons bien aigus et bien désagréables. Sans doute pour retranscrire à quel point la scène qu'on a sous les yeux est désagréable pour la jeune Madeleine, ce que je peux comprendre dans un sens, mais a-t-on vraiment envie de perdre 2 dixièmes aux oreilles pour l'amour de la métaphore musicale dans un film ? Je ne pense pas...
Autre chose: moi qui n'aime pas les ralentis dans les films, j'ai été agréablement surpris ici par un ou deux ralentis très bien utilisés, qui donnent vraiment le sentiment de quelque chose d'épique et presque poétique dans la mise en images. Le problème, c'est qu'après ça, le réalisateur semble avoir lui aussi tellement aimé le résultat qu'il en abuse grandement, beaucoup trop même, et quasiment tous les meurtres de la vengeance vont être filmé au ralenti. Si on passait toutes ces scènes en vitesse réelle, le film ferait sûrement 10 minutes de moins!
Et puis quelques incohérences ou maladresses dans le scénario: pourquoi une jeune fille accepte de monter dans la voiture d'un inconnu comme ça ? Surtout après ses malheureuses expériences passées. Des courses poursuites avec des voitures qui explosent directement après n'importe quel choc (pas très solides ces caisses à savon dis donc!). Et puis Madeleine qui arrive à s'échapper des griffes de son bourreau, mais comment ? Je crains qu'on ne le sache jamais...
Pour le reste, le film est sacrément bien mené. Les couleurs sont souvent bien choisies. Le rythme est assez lent et presque contemplatif au début, mais pourtant on ne s'ennuie jamais car il se passe rarement 2 minutes dans le film sans que l'intrigue ne progresse.
Petite mise en garde: dans la version intégrale de 1h48, il y a des inserts pornographiques, donc évidemment film à ne pas mettre devant tous les yeux... ou les oeils! Certains pensent d'ailleurs que ces inserts sont plutôt inutiles, mais je ne suis pas de ceux-là: je pense qu'ils servent bien l'histoire au moment où l'on voit la routine de Madeleine lorsqu'elle prépare sa vengeance: elle récupère ses 2 shoots d'héroïne pour pouvoir tenir, fait ses passes pour récolter de l'argent et payer ses instructeurs qui lui apprendront les arts martiaux / la self défense, comment se servir de pistolets et de fusils à pompe, et comment piloter une voiture avec une sauvagerie digne des plus grands cascadeurs automobiles, le tout agrémenté justement de ses 2 petites piquouzes quotidiennes. Et le jour suivant, on recommence, et ainsi de suite, et c'est comme ça qu'on voit la progression de Madeleine, comment elle devient de plus en plus apte, jusqu'à enfin se lancer dans sa vengeance.
Le final réserve lui aussi sont lot de surprises, notamment dans le fait qu'on se croirait presque dans un western. En tous cas, tous les codes y sont, à commencer par le fait que Madeleine provoque son bourreau en duel! Pour le reste, je vous laisse la surprise.
On s'y croirait!
Un sacré film, très représentatif du genre, que je suis bien content d'avoir découvert.
L'édition du Chat qui fume est d'ailleurs très bonne, avec une belle restauration du film qui conserve le grain d'origine sur la pellicule. Et en termes de bonus, cette édition n'est vraiment pas avare: environ 4 heures de bonus.
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Créée
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