Crude Oil
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Crude Oil

Documentaire de Wáng Bīng (2008)

Un voyage déroutant et surtout, éreintant (d’une durée de 14h).

On pensait avoir atteint le maximum avec À l'ouest des rails (2003) 铁西区, du haut de ses 9h. Mais c’était mal connaître le réalisateur chinois qui, quelques années après, revenait avec une oeuvre encore plus conséquente, voire dantesque. Crude Oil (2008) 採油日記, du haut de ses 14 longues, très longues heures, nous embarque pour un voyage déroutant et surtout, éreintant. Dans le désert de Gobi, en Mongolie-Intérieure, Wang Bing a posé sa caméra au sein d’une exploitation pétrolifère.


Pendant 14 heures, on va suivre le quotidien d’une journée de dure labeur de ces hommes, entre la salle de repos, une chambre qui fait office de salon télé et le derrick qui surplombe le forage. Ce n’est pas à proprement parler un "long-métrage de cinéma" mais plutôt une "installation vidéo" (c’est d’ailleurs ainsi qu’il a été présenté dans divers festivals ou galeries).


Je dois avouer qu’en temps normal, je suis très bon public du travail de Wang Bing et ce n’est surement pas la durée qui me rebute. Sauf qu’ici, j’ai trouvé sa démarche plutôt sommaire et donne surtout l’impression qu’il a simplement posé sa caméra dans un coin et s'est absenté pendant toute la prise. Par moment, le film abuse de ce procédé et on peine clairement à voir où à voulu en venir le réalisateur, si ce n’est de nous montrer la redondance et l’ennui mortel qui réside dans ce champs pétrolifère, où les ouvriers se retrouvent pendant plusieurs mois loin de leurs familles (on a droit à un plan de 40min sur un ouvrier qui actionne une manette pendant qu’une foreuse s’active sans discontinuer, ainsi qu’un plan de 1h50 (!) où des ouvriers regardent la télévision, avec seulement 2 ou 3 dialogues seulement).


Résultat, l’ensemble devient assez vite répétitif, monotone et lassant. Alors certes, le dépaysement est réussi, avec ces ouvriers perdus au beau milieu de nulle part et le vacarme assourdissant des machines qui nous fusille les oreilles pendant de longues heures. Mais le film aurait grandement gagné à être resserré ou à nous montrer plus d’interactions entre les ouvriers, comme il a su si bien le mettre en valeur à travers sa trilogie Jeunesse (2023/2025), plutôt que d’enchaîner les plans fixes sans dialogues et parfois, sans réel intérêt.


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le 6 juil. 2025

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