Eh bien il ne faudra pas compter sur Zoltán Huszárik pour comprendre quelque chose de concret concernant le peintre Tivadar Kosztka Csontváry, un des plus célèbres de Hongrie dont je n'avais jamais entendu parler. "Csontváry" est un film biographique assez obscur enchaînant les séquences comme autant de tableaux illustratifs d'un moment de la vie de l'artiste, sans que ce qui est explicité ne soit systématiquement intelligible. Le travail en matière d'esthétique est remarquable, rien à dire là-dessus, c'est à la hauteur de son sujet, la peinture, mais cela ne rend pas pour autant le voyage plaisant — j'étais trop paumé du début à la fin. On nous montre un homme considéré comme un fou par la société de son époque, enchaînant les manifestations d'un comportement dérangé et gardant toujours une distance presque désagréable vis-à-vis de sa peinture expressionniste. On ne peut pas vraiment parler de scénario à proprement parler dans cette fresque déstructurée, et si la poésie des images permet de faire passer la pilule de l'inconfort de compréhension pendant un certain temps, on finit malgré tout par éprouver une vraie lassitude et ce indépendamment de la variété des décors (un asile, une tribu africaine) et des niveaux de réalité (réalité, souvenirs, imagination). J'imagine qu'un des thèmes porte sur la folie inhérente à l'artiste, mais la position très "avant-garde", très décousue de la narration empêche toute compassion et toute adhésion franche.