Par-delà sa dimension politique et son impeccable tension de thriller d'espionnage - autour du "Réseau Guêpe", infiltration par des Cubains dans les années 80-90 de diverses organisations anticastristes aux Etats-Unis, et de l'affaire des cinq espions de Miami condamnés au début des années 2000 pour conspiration -, le dernier grand film en date d'Olivier Assayas, vertigineusement sous-estimé à mon sens tout comme son chef-d'œuvre "Boarding Gate" dont je reparlerai beaucoup plus haut, confronte ses personnages, féminins en particulier, au genre de prisons dorées chères au cinéaste, faites de jeux de dupes, de mensonges et de manipulation dans la sphère intime. C'est ainsi dans ses échanges conjugaux ambigus au plus près des protagonistes, apportant au récit comme souvent chez lui une humanité plus profonde et complexe qu'il n'y paraît, que le film est le plus remarquable, emmené par un casting de haut vol, de Penelope Cruz à Gael García Bernal en passant par Edgar Ramírez et surtout le couple Wagner Moura/Ana de Armas, parfaite incarnation de ce purgatoire relationnel récurrent chez l'auteur de "Demonlover", dont l'apparence trompeuse de confort matériel cache mal la froideur et l'insécurité.