Adaptation cinématographique de la pièce du même nom Cuisine et dépendances reste malheureusement pour moi une déception car elle reste dans les codes du théâtre et ne va jamais utiliser le langage cinématographique. Le fond est excellent, mais la forme pêche un peu.


Sur le fond la comédie de Bacri et Jaoui elle succulente : les personnages sont bien campés, l'humour est corrosif, c'est très révélateur d'une certaine classe sociale et d'une époque. Le duo va vraiment disséquer les relations maritales, familiales, amoureuses ou encore amicales, dans un environnement où le succès personnel est très important et où les sorties de route sont assez peu pardonnées. Il y a à la fois beaucoup de jalousie, d'aigreur et de paraître. Donc un terreau terrain fertile pour une comédie acide. L'enchaînement des répliques et le rythme du film sont sur ce point assez incroyables — on voit que tout a été vraiment découper au cordeau, les apparitions sont minutées et on n'a jamais une seconde de répit.


Jean-Pierre Bacri et bien sûr magnifique en misant trop bougon, mais c'est au-delà de son propre rôle son alchimie avec les autres acteurs et donc protagonnistes qui donne tout son sel à ce film. On est entre le ballet et le match de ping-pong, c’est à la fois gracieux, fluide et percutant.


Mais malheureusement comme dit au début c'est la transposition du théâtre au cinéma qui ne fonctionne pas bien. Le surjeu de beaucoup d'acteurs en particulier Zabou, ou l'artifice même de ne jamais montrer l'invité principal fonctionnent extrêmement bien au théâtre. Mais ici s'avère trop artificiel, un peu bancal et inégal et sur la longue un peu ennuyant. De même le décor, les cadrages, la composition de tout cet appartement relève encore une fois plus d'une mise en scène de théâtre et ça s'avère un petit peu pauvre au cinéma finalement c'est assez posé là et on n'en fait pas grand-chose. Attention, je ne dis pas que tout théâtre filmé ne fonctionne pas au cinéma, mais ici pour moi en tout cas il manque un truc.

AlicePerron1
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le 29 janv. 2021

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Alice Perron

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