Le Suisse Henry Dunant découvre pendant la bataille de Solferino, sous le Second Empire, le sort des blessés français et autrichiens, laissés pour compte ; Il en conçoit l'organisation qui deviendra la Croix-Rouge.
Le film de Christian-Jaque est une production franco-helvétique qui retrace la vie d'engagement et d'indignation d'un homme guidé par son humanité et le sens de la charité chrétienne. C'est, suivant un scenario édifiant et scolaire, dans l'esprit de l'hagiographie que Dunant est mis en scène au long d'une vie de sacrifices personnels où sa détermination rencontre trop souvent l'indifférence.
Jean-Louis Barrault, qui passe par tous les âges, fait une composition dramatique assez fruste, sans beaucoup de nuances, c'est-à-dire tout en sentimentalisme convenu, ainsi qu'est mis en scène son personnage par Christian-Jaque. Celui-ci tourne des scènes de bataille, avec la musique assourdissante de Joseph Kosma en fond sonore, qui fournissent les preuves vivantes de la nécessité de secourir les soldats. C'est illustratif, comme on peut s'y attendre relativement à l'époque cinématographique. Il y a aussi un peu de fantaisie et de romance, avec, respectivement, l'ami de toujours joué par Blier et cette bourgeoise dévouée qui introduit des sous-entendus amoureux.
Ça sent le film de commande : on n'y sent pas beaucoup de sincérité et encore moins de sensibilité.