Le ciné, ça consiste à sortir du monde pour entrer dans une oeuvre, pas l'inverse.

Je comprends tout à fait pourquoi ce film est à ce point critiqué par la plupart des gens : c'est la preuve que vous avez aucun sens critique.

De bout en bout, Ron Howard adapte relativement fidèlement l'ouvrage - déjà parfaitement fictif, faut pas se leurrer - de Dan Brown, en prenant ça et là les libertés nécessaires à le rendre plus propre au cinéma qu'à la littérature. Et de bout en bout, c'est, comme Metal Gear Solid, "une histoire purement fictive où toute ressemblance avec des faits, personnages ou lieux de la vie réelle est purement fortuite."

Ce qui est intéressant, pourtant, et en tant qu'historien, je suis bien placé pour le savoir, c'est la cohérence de l'ensemble. L'Histoire fictive racontée par le duo Langdon-Teabing - formidablement interprété au passage par Tom Hanks et un Sir Ian McKellen magistral - là où le spectateur est une Sophie Neveu qui découvre et apprend, est juste assez empreinte de mystère, d'imprécision et de légende pour que l'explication fournie, la nature du Saint Graal, ne fasse pas tache dans le tableau.

Sur cette base narrative, une mise en scène tantôt musclée, assez justement servie par Jean Reno, Etienne Chicot et Paul Bettany, tantôt conforme à ce qui faisait l'essence du livre, les énigmes et la réflexion. Celle-ci est d'ailleurs, j'avais adoré ça à l'époque et je l'adore à nouveau chaque fois que je vois le film, judicieusement mise en scène par des parallélismes visuels et des insertions d'images très bienvenues, et soutenue à l'occasion par une bande-son pas édifiante, mais ma foi assez correcte. Les thèmes qui soulignent l'histoire de Sophie, faits de cordes frottées, sont d'ailleurs juste assez doux pour être mélancoliques sans nous distraire du propos mis en jeu - les révélations de fin de film.

Alors c'est vrai, la fin est un peu lourde et très lente, avec cette foule dans cette petite chapelle, c'est limite niais, Alfred Molina est très bon, mais pas autant qu'il pouvait l'être ailleurs (haha, son cynisme dans Spiderman 2 était bien), et le propos se prend tellement au sérieux qu'il entretient à tort la confusion sur son message - pourtant simple : la foi en l'homme, énoncée par Tom Hanks à Rosslyn Chapel.
A mon avis, le plus gros défaut du Da Vinci Code, littéraire et cinématographique, c'est les hordes de crétins qui n'ont rien compris et crient au scandale, au sacrilège et à l'imposture - eh, ce fou furieux de Dan Brown revendique un peu trop à mon goût, mais ça reste un univers fictif avec des intervenants fictifs, un peu de jugeote, que diable - mais l'oeuvre, considérée en elle-même, est terriblement intéressante et maîtrisée.
Moi, je m'en lasse pas.
DarkRiketz
7
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