Avec Daddio, Christy Hall propose un huis clos ambitieux et intime… mais qui finit par tourner en rond. Tout se joue dans un taxi, où deux inconnus — incarnés par Dakota Johnson et Sean Penn — entament une longue conversation sur les relations amoureuses. Sur le papier, l’idée a de quoi séduire : un face-à-face brut, presque théâtral, où la parole devient une thérapie.
Mais très vite, le film s’enlise dans une sorte de “psychologie de comptoir” version taxi. Les échanges, censés être profonds et incisifs, prennent des airs de duel verbal artificiel, où chacun semble réciter des vérités toutes faites sur l’amour, le désir et la désillusion. Cette “battle” introspective finit par manquer de naturel, comme si le film cherchait constamment à paraître plus intelligent qu’il ne l’est réellement.
Le huis clos, au lieu de créer une tension ou une intimité palpable, devient ici une contrainte étouffante. La séance est entrecoupée d'échanges textuels sur son téléphone. La course en taxi se transforme en séance de thérapie improvisée, mais sans véritable progression dramatique. On attend un basculement, une révélation, quelque chose qui viendrait justifier cette longue confession croisée...
Et puis arrive ce final, appuyé et larmoyant, qui enfonce le clou. Une ultime confession qui vient clôturer cette course. Résultat... un beau pourboire et une impression mitigée. Celle d’un concept intéressant qui se perd dans une logorrhée bavarde, sans jamais vraiment trouver le juste ton.
Un huis clos qui parle beaucoup… mais qui, au fond, ne dit pas grand-chose.