"Daisy Clover" n'est sans doute pas la satire d'Hollywood la plus représentative de ses mœurs et de ses acteurs, ni la plus incisive, mais elle n'en demeure pas moins significative.
La charmante frimousse de Daisy Clover, adolescente sauvageonne déjà marquée par la vie, convainc le producteur Raymond Swann d'en faire une star. Daisy devient du jour au lendemain la "petite fiancée de l'Amérique", une star-objet entre les mains du cynique Swann.
Robert Mulligan réalise un drame intimiste et sensible. Volontairement, il élude l'effervescence d'Hollywood et son fonctionnement et résume le sort de Daisy à sa relation de soumission au producteur et à son histoire sentimentale décevante avec le personnage de Robert Redford, vedette séduisante qui incarne, selon une intelligente métaphore, rien moins que le cinéma.
Les protagonistes du film ont d'ailleurs valeur de symboles, figures fictives et emblématiques dont le cinéaste use pour exprimer Hollywood et le démythifier. Si le scénario et les seconds rôles manquent parfois d'intensité dramatique, on trouve des scènes particulièrement originales et émouvantes. Comme cette séquence de postsynchronisation où Daisy se double et semble doubler une inconnue projetée devant elle; comme la scène audacieusement cocasse
de sa tentative de suicide.
On n'oubliera pas non plus la formidable présence et le charme mutin de Nathalie Wood, dont l'interprétation pleine de vitalité porte le film.