Grangier tarde à entrer dans le vif du sujet mais son prologue indécis et poussif est encore la partie la moins mauvaise du film.
Le pharmacien Loiseau attend fébrilement la naissance de son enfant et c'est probablement pour cette raison qu'il a confectionné, l'étourdi, un sirop avec du poison. C'est ballot. Ce qui l'est encore plus, c'est que ce pharmacien qui est aussi un bourgeois soucieux de respectabilité entreprend de récupérer chez ses clients les bouteilles vendues en cachant sa bévue.
Chez le premier d'entre eux, Loiseau entre quand il fait soleil et plein jour, il en ressort pourtant cinq minutes après,dans la nuit noire et sous la pluie. Si ne n'est pas un mauvais raccord, c'est peut-être une façon de signifier, de la part de Grangier, sur un mode expressionniste, le début d'un cauchemar et une nuit d'errance. Le réalisateur ne parvient pas, cependant, à imposer un style sombre ou de type fantastique.
Cinq clients, cinq sujets et, donc, comme cinq sketches. Les deux premiers sont grotesques, entachés par la comportement grossier et irréaliste du pharmacien chez l'habitant. L'histoire suivante et la seule qui soit aboutie avec Piéral, nains de cirque maltraité qui règle des comptes.
Le scénario est globalement mauvais. Fernand Ledoux en fait trop et n'est pas très bon, essentiellement parce qu'il est mal dirigé par Grangier, comme la plupart des personnages.