Dangerous Animals s'en sort plutôt bien, je trouve. Entre requin sanguinaire et tueur en série complètement détraqué, c’est une combinaison originale, qui étonne et intrigue lorsque Sean Byrne parvient à concilier les codes du thriller avec talent.
Perdus au milieu de l'océan, Tucker (Jai Courtney) et son projet macabre forment un tableau glaçant : un gros malade obsédé par les requins, qui aime filmer les dents affamées des profondeurs et ces pratiques de cinglés.
Ainsi, son ancrage dans le réel lui offre un atout majeur, loin de toutes ces vagues de daubes vues sur petits et grands écrans. Un contrepoids salutaire à toutes ces histoires de science-fiction ou de thrillers, avec toujours des requins qui ne ressemblaient à rien.
Ici, bien sûr, le film ne fend pas les flots comme le chef-d'œuvre de Spielberg, Les Dents de la mer (1975 ), mais il tient bon la barre, avec un récit qui nous fait chavirer. Par son suspense, ses scènes horribles, et surtout grâce à Tucker : une allure de gros sadique, un physique imposant. Une interprétation remarquable, qui déconcerte par son imprévisibilité. Il est aussi effrayant que les requins, lorsqu'on découvre sa vraie nature. Une force brute, portée par une conception sonore agressive, qui donne tout son sens au titre du film.
Sans oublier Hassie Harrison dans le rôle de Zephyr : jolie amazone au corps sculpté pour le surf, libre, insaisissable, fuyant toute attache. Mais un regard de Moses (Josh Heuston) aura suffi à détourner son chemin. Pour s’enfuir très vite, comme on fuit les récifs, et se retrouver embarquée à bord du bateau de malheur de Tucker, où les requins ne sont pas les seuls à rôder.
Entre morsures marines et instincts humains, le film vibre d’une tension oppressante, où la mer, le sang et les émotions s’entrelacent.
Et dans un final où chacun vendra sa peau très cher face à la noirceur des abîmes, c’est la rencontre de deux solitudes et cet instinct de vivre qui donnent à ce film quelque chose de plus fort qu’un simple spectacle de survie.