La peur du noir, plus qu'aucune autre, est une source intarissable d'histoires terrifiantes... Pourtant le 7e Art met un point d'honneur à la bâcler totalement. J'ai encore en mémoire le sinistre Darkness Falls, premier film de Jonathan Liebesman, qui a confirmé par la suite son immense absence de tout talent...
C'est pourtant pas compliqué d'harnacher cette crainte ancestrale à une trame correcte, et il y aurait moyen de faire des merveilles ! Pitch Black demeure sans doute le meilleur exemple, bien qu'il ne misait pas tout sur le seul concept de peur du noir.
Cette année, c'est Lights Out qui prend le flambeau... A ranger définitivement dans la catégorie "gros fail".
Pour commencer, les scènes d'angoisse sont entre-elles toutes semblables : Lumière/pas lumière/lumière/pas lumière/Bouh ! Ma parole, ce film est réalisé par Jacquouille la Fripouille !
La photo ne se renouvelle pas, ne sait jamais diriger le regard et les jump-scares s'accumulent, tous prévisibles. Et c'est pas évident de maintenir la tension quand la méchante est une espèce de vieille souillon vociférante avec des dreadlocks et des yeux de chat. Appelons-la : Dirty Diana !
Je baille, et me surprends à me demander fondamentalement quelles sont les règles du jeu, mais non... Réflexion faite, y'en a pas.
Tantôt la mère est la seule à entendre Diana, tantôt n'importe qui y a accès. Tantôt la lumière fait disparaître la vieille souillon, tantôt elle la blesse atrocement. Et de temps en temps elle apparait en silhouette devant une pièce bien éclairée, suggérant que son dos est en train de cramer, mais non, elle est tranquille.
Les personnages prennent constamment des décisions contraires à leurs principes ou psychologies. L'enfant bat tous les records : il change d'avis sur la marche à suivre quatre ou cinq fois au cours du métrage !
La faute à un cinéaste impotent qui échoue à mettre au point son propre procédé. Qu'on lui confie Ninja Turtles III après Annabelle 2 et qu'il ne vienne plus me déranger.